Si l'ensemble du département reste sous le même régime de vigilance, certaines communes ont déjà pris les devants. C'est le cas notamment de Saint-Ambroix, Saint-Julien-de-Peyrolas ou Bagnols-sur-Cèze, qui ont pris des arrêtés aménageant la présence des enfants en classe, avec un accueil le matin et une libération l'après-midi, tout en maintenant une solution de garde pour les familles qui en ont besoin. "On est vraiment au cas par cas aujourd'hui", insiste le Dasen, qui a pu lui-même constater la chaleur dans certaines salles de classe lors d'une visite à Saint-Julien-de-Peyrolas.
Le brevet, pas de mesure générale mais une vigilance constante
Christophe Mauny, Dasen du Gard, fait le point sur la situation des épreuves, prévues vendredi 26 juin, lundi 29 et mardi 30. "Au moment où on s'en parle, je suis en lien constant via mon cabinet avec le cabinet du préfet, lui-même en lien avec les services de météorologie. Le Gard est toujours positionné en vigilance jaune, donc il n'y a pas de précipitation à avoir sur des décisions qui pourraient bousculer ou aménager quoi que ce soit." Des consignes nationales existent néanmoins, permettant d'adapter les mesures en fonction des niveaux de vigilance, en lien avec les collectivités territoriales. À ce jour, aucune consigne spécifique n'a été prise concernant la passation du brevet, dont les épreuves se déroulent majoritairement le matin.
Le bâti scolaire reste un facteur déterminant dans ces prises de décision. Certaines écoles ont bénéficié de rénovations thermiques grâce au Fonds vert, d'autres non, certaines disposent de climatisation ou d'une pièce rafraîchie, d'autres pas du tout. "Il faut vraiment regarder avec raison, mais toujours en posant la sécurité et l'accueil des enfants en priorité", souligne Christophe Mauny, qui rappelle le premier réflexe à avoir côté familles : ne jamais laisser un enfant partir à l'école sans bouteille d'eau ni casquette.
"Parfois, il vaut peut-être mieux que les enfants soient à l'école plutôt que chez eux"
Interrogé sur le risque que les fermetures se généralisent à l'ensemble du département, le Dasen se veut rassurant. Les maires restent responsables de la sécurité des enfants accueillis dans leurs écoles, mais toute décision doit être réfléchie en amont avec l'Éducation nationale et la préfecture. "Ce ne sont pas des décisions sauvages, dont on n'aurait pas la maîtrise. C'est réfléchi, posé, pesé." Un échange a notamment eu lieu la veille avec Pierre-Édouard Détrez, adjoint à l'éducation de la ville de Nîmes, sur les dispositions prises pour les écoles nîmoises. Christophe Mauny rappelle au passage que l'an dernier, deux établissements parmi les plus récents de la ville n'avaient pas eu besoin de fermer, leur capacité à accueillir les enfants malgré la chaleur ayant fait la différence. Il glisse même une nuance qui mérite réflexion : "Parfois, il vaut peut-être mieux que les enfants soient à l'école plutôt que chez eux, où il n'y a pas de clim, où c'est vraiment fermé."
Sur la question plus large de la rénovation des bâtiments scolaires face à la multiplication des épisodes de chaleur, Christophe Mauny reconnaît que le sujet ne pourra plus être éludé. "Ça fait deux ans de suite qu'on est confronté à cette problématique-là. Il va falloir que ce sujet soit clairement posé."
Un dispositif renforcé pour les seniors nîmois
À Nîmes, c'est le CCAS qui veille sur les personnes âgées les plus exposées. Jo Menut, adjointe à l'Action sociale, aux seniors et à la lutte contre l'isolement, récemment élue vice-présidente du CCAS, détaille le plan canicule mis en place et renforcé cette année. La structure s'appuie sur le registre du dispositif Allô Senior, qui recense toutes les personnes de plus de 65 ans inscrites, un fichier régulièrement mis à jour et découpé en cinq quartiers à l'échelle de Nîmes. Un agent du CCAS est chargé d'appeler et de visiter les seniors de chaque secteur, épaulé tout l'été par des jeunes recrutés spécifiquement pour cette mission, étudiants et services civiques, présents jusqu'au 31 août.
Chaque jour, les seniors inscrits sont contactés par téléphone pour s'assurer de leur état, et des visites à domicile sont organisées en cas de besoin, avec apport d'eau ou de colis repas, en partenariat avec la banque alimentaire. Une boîte à urgences a également été mise en place pour chaque senior, contenant les documents essentiels, copie de carte vitale, carte d'identité et ordonnances médicales, en cas d'intervention des pompiers ou du Samu. Le CCAS travaille en lien constant avec ces services ainsi qu'avec la Croix-Rouge, tandis que la chef de service de l'aide sociale reste en contact permanent avec le superviseur de la ville chargé de relayer les déclenchements d'alerte de la préfecture. Pour l'instant, Jo Menut se montre rassurante sur l'état de santé des seniors suivis. "Pour le moment, pas encore de cas graves. Il y a des gens qui nous parlent un peu de maux de tête, mais les choses se sont réglées au fur et à mesure."
À Bagnols, l’Espace Seniors s’adapte
Les seniors souffrent de la chaleur. La municipalité bagnolaise s’est ajustée en instaurant les horaires d’été de l’Espace Seniors, depuis le lundi 22 juin. Le lieu est désormais libre, pour les habitants de 60 ans et plus, tous les jours, de 10h à 17h. L’avantage promis : les usagers peuvent apporter leur repas tiré du sac et déjeuner sur place dans un espace climatisé, en bonne compagnie. Au-delà des personnes âgées, des travailleurs suent aussi à grosses gouttes.
Anticipation et début de tournée avancée pour les facteurs
C’est le cas des facteurs. Face à la hausse des températures, la livraison de lettres et de colis devenait intenable. Les horaires ont été rectifiés, pour ne pas s’exposer trop au soleil : "Le service est décalé avant, avec une prise anticipée. Nous faisons arriver les facteurs un quart d'heure, voire 20 minutes avant. On adapte beaucoup, surtout la distribution. S’il y a du gros trafic, on va prioriser le colis. On va éviter de faire sortir les gens après 14h. Les facteurs qui sortent après 14h, ils ont des véhicules climatisés. C’est un sujet pris en amont."
"On apporte des repas aux personnes âgées, c’est la priorité"
"Chaque année, la chaleur revient. Ils savent qu’il ne faut pas prendre de risques. Ils partent avec de l’eau. S’ils ne se sentent pas bien, ils nous appellent et rentrent de tournée. On ne prend aucun risque", complète son collègue, qui a retenu les leçons de bonnes conduites, en prenant soin des personnes plus fragiles : "On apporte des repas aux personnes âgées, c’est la priorité. On s’adapte, nous sommes très agiles à La Poste", confie-t-il, en esquissant un grand sourire, avant qu'ils ne reprennent tous deux leur service.