Au sein d’une collectivité, la gestion du personnel est toujours un sujet de débat. Des discussions qui portent sur leur nombre, leur organisation ou même leur profil… Nîmes Métropole n’a pas échappé à la règle, ce mardi soir en conseil communautaire. Des prises de position qui reflètent bien souvent les sensibilités et intentions de leurs auteurs. Le vice-président chargé du personnel, Gilles Gadille, a ainsi présenté la modification du tableau des effectifs avec la création d’un poste de secrétaire et l’ouverture d’autres postes à des contractuels. Premier à lever le doigt pour réagir : le président du groupe RN, Julien Sanchez, qui n’y va jamais avec le dos de la cuillère : « Avez-vous, à ce point, une mauvaise image des fonctionnaires pour transformer leurs postes en contractuels ? Êtes-vous pour la précarité du travail ou y a-t-il des copains à caser qui ne sont pas fonctionnaires ? »
Gilles Gadille, par ailleurs retraité du service social de La Poste, répond avec un principe de réalité malheureusement connu de la fonction publique : « Bien souvent, nous n’arrivons pas à trouver des fonctionnaires qui ont la formation pointue requise dans le domaine du recrutement. Mais quand nous en avons la possibilité, ce sont principalement des fonctionnaires. » Julien Sanchez intervient également sur le poste de secrétaire d’élu créé : « Le maire de Marguerittes nous a dit qu’il n’y avait pas de secrétaire… Il y en a donc un ! » Gilles Gadille contextualise : « Elle sera disponible pour tous les élus (RN compris, NDLR) afin de les aider. Il est important d’avoir une personne disponible pour tout le monde. » Le président Vincent Bouget rappelle, lui, une autre réalité : « Aujourd’hui, il n’y a qu’une secrétaire du président pour toute la communauté d’agglomération. Une deuxième ne fera pas de mal au travail de tous. »
Autre élu, autre préoccupation : Franck Proust, ancien président de Nîmes Métropole, s’interroge sur l’évolution de la gestion des ressources humaines. Selon nos informations, sous le précédent mandat, le nombre de fonctionnaires titulaires est passé sous la barre des 350 agents. D’après la loi, il revient alors au Centre de gestion du Gard de récupérer la gestion du personnel de l’intercommunalité. « Je ne peux pas accepter qu’on laisse entendre que la gestion du personnel par le CDG serait une gestion moins politique… Comme si, pendant ma mandature, il y avait eu des recrutements politiques… », introduit-il. Avant d’affirmer que « passer par le centre de gestion pourrait engendrer un surcoût de 200 000 à 300 000 €. J’espère que l’on n’arrivera pas à une telle solution ».
Comme Vincent Bouget l’avait annoncé il y a plusieurs jours aux agents, réunis au domaine de Vallongue, Gilles Gadille confirme : « La volonté, c’est de conserver la maîtrise du personnel. On est sur le fil du rasoir en termes d’effectifs. Le but est d’aller au-delà des 350 pour ne plus risquer de se retrouver au centre de gestion. » Et d’enfoncer : « C’est plus logique et plus intéressant pour le personnel que ce soit la collectivité qui gère… » Vincent Bouget conclut le débat à l’attention de tous, en évoquant la composition de son cabinet : « Dans le cabinet, nous avons deux personnes à plein temps et une à 40 %. On a même fait des économies ! » D’ailleurs, Vincent Bouget aime tellement les fonctionnaires qu’il en a recruté dans son cabinet…
Lire aussi :
EXPRESSO De droite comme de gauche, les maires disent « oui » à Fabrice Verdier