C'est un projet porté main dans la main entre Alès et Nîmes. Ce vendredi matin, Aude Guiraudou-Samson, bâtonnier du barreau d’Alès, et Benoît Roig, président de Nîmes Université, ont signé dans la salle de la bibliothèque du tribunal d'Alès le protocole d’accord pour marquer une volonté commune de dynamiser l’enseignement supérieur et la pratique juridique dans le Gard.
Un partenariat pour former et accompagner les avocats
Pour Aude Guiraudou-Samson, cette convention représente une opportunité majeure pour le barreau d’Alès. « Ce partenariat est une aubaine pour la ville, explique-t-elle. D’abord, il permet d’améliorer la formation continue des avocats, ce qui renforce la qualité de leur défense. Ensuite, il ouvre la voie à des formations pour les tiers : chefs d’entreprise, établissements publics, etc. Nous envisageons déjà un colloque en septembre sur les droits de l’enfant, et d’autres initiatives verront le jour pour dynamiser le secteur juridique local. »
Le maire d’Alès, Christophe Rivenq, a salué cette initiative, soulignant l’importance d’une justice mieux formée : « Alès est une ville judiciaire, et plus nous avons de compétences, mieux la justice est rendue. Ce partenariat s’inscrit dans une logique de collaboration, où chaque acteur se renforce mutuellement. »
Des stages pour les étudiants en droit
Côté Nîmes Université, l’objectif est clair : mettre les étudiants au plus près du terrain. « Nous formons les futurs avocats, magistrats et juristes du territoire, souligne Benoît Roig. Mais pour que cette formation soit efficace, il faut qu’elle soit ancrée dans la réalité professionnelle. Ce partenariat avec le barreau d’Alès nous permet d’offrir des stages, des rencontres avec les professionnels, et une meilleure employabilité pour nos étudiants. »
Vanessa Monteillet, directrice du service de formation professionnelle à Nîmes Université, précise : « L’université a une licence de droit qui ouvre sur un master en droit privé (droit des affaires) ou en droit public (droit des collectivités territoriales). Dès la licence, les étudiants peuvent effectuer des stages, et en L3, un stage de trois semaines est obligatoire. Avec le barreau d’Alès, nous espérons accueillir une dizaine d’étudiants par an en stage, ce qui représente une réelle opportunité pour eux. »
Une université ancrée dans son territoire
« Nîmes Université est une petite université, mais nous avons une volonté forte de rayonner sur l’ensemble du Gard, rappelle Benoît Roig. Nous ne pouvons pas nous contenter d’être une université de niche. Nous voulons être utiles aux territoires, et ce partenariat avec Alès en est la preuve. »
Cette convention s’ajoute à d’autres initiatives, comme le partenariat avec le tribunal judiciaire d’Alès, où cinq ou six étudiants effectuent déjà des stages. « Nous voulons que les bacheliers du Gard central ne soient pas obligés de partir pour étudier, ajoute-t-il. Alès est une ville universitaire d’équilibre, et c’est essentiel pour le développement économique et juridique du territoire. »
Un partenariat qui renforce Alès sur la carte juridique
Pour Aurore Fournier, directrice de la faculté de droit économique Nîmes Université, cette collaboration est aussi une fierté pédagogique : « Nos étudiants sont souvent en tête de promotion dans les masters spécialisés de Montpellier ou d’Aix-en-Provence. Une preuve que la qualité de notre formation est reconnue. »
Aude Guiraudou-Samson, qui a elle-même étudié à Nîmes Université, insiste : « Ce partenariat permet aussi de recruter des talents locaux, comme une ancienne étudiante devenue une juriste exceptionnelle avant de partir au Canada. »
Avec cette convention, Nîmes Université et le barreau d’Alès posent les bases d’une collaboration durable. « Nous allons organiser des formations continues pour les avocats, des colloques, et faciliter les stages, résume Vanessa Monteillet. L’objectif est de créer un écosystème où étudiants, professionnels et entreprises du territoire se renforcent mutuellement. »