Publié il y a 10 mois - Mise à jour le 30.06.2023 - Corentin Migoule - 3 min  - vu 636 fois

BOISSET-ET-GAUJAC Un dernier coup de collier avant les vacances pour sauver une classe

école

Les parents d'élèves croient dur comme fer à la victoire.

- Corentin Migoule

Ce vendredi après-midi, juste avant les grandes vacances scolaires, les parents d'élèves de l'école élémentaire de Boisset-et-Gaujac ainsi qu'une partie du conseil municipal ont manifesté contre la fermeture programmée d'une classe. 

Si elle était déjà à leurs yeux "injustifiée" en mars dernier lorsqu'ils ont manifesté pour la première fois (relire ici), la fermeture d'une classe de l'école élémentaire de Boisset-et-Gaujac l'est d'autant plus trois mois plus tard pour les parents d'élèves qui ont été nombreux à se mobiliser ce vendredi après-midi. Alors que 175 enfants y sont actuellement scolarisés et répartis en huit classes, un minimum de 182 élèves est déjà enregistré pour la rentrée prochaine, contre 174 d'après les prévisions opérées en novembre dernier par le directeur de l'école Franck Lotzer.

Le chiffre devrait d'ailleurs continué de croître. "Chaque été, on a en moyenne 7 à 8 inscriptions. On aurait donc 15 élèves de plus par rapport à l'effectif de cette année. Ça justifie pleinement le maintien de la huitième classe", clame Sonia Kassouri, maman d'élève et adjointe au maire de la commune, instigatrice de la mobilisation du jour qui a stratégiquement été organisée à la sortie des écoles, juste avant la Fête de fin d'année. 

École Boisset
Les parents d'élèves croient dur comme fer à la victoire.  • Corentin Migoule

C'est aussi ce que traduit le courrier adressé le 13 juin dernier au directeur académique des services de l'Éducation nationale (Dasen) Philippe Maheu par le nouveau maire de Boisset-et-Gaujac, Philippe Allié, l'alertant sur l'augmentation des effectifs de l'école élémentaire concernée par la fermeture d'une classe à la rentrée de septembre prochain. "Chaque été, nous recevons un nombre non négligeable d'inscriptions", assure l'édile boissetain, lequel mentionne également que la commune a enregistré ces dernières années "une hausse sans précédent des dépôts de permis de construire".

Aussi, pour mettre toutes les chances de son côté, la municipalité attribue désormais prioritairement les logements sociaux aux familles ayant des enfants "scolarisables". Dans son courrier au Dasen, le maire ne manque pas de rappeler que la commune a "particulièrement joué le jeu" lorsqu'elle a été sollicitée pour l'ouverture d'une unité d'enseignement pour les enfants autistes (UEMA), laquelle est effective depuis octobre dernier (relire ici).

"Des classes à 29 enfants, ce n'est pas possible pour les apprentissages !"

À la fin de sa missive, l'élu précise que, si la fermeture de la classe était confirmée, "elle entraînerait indéniablement une dégradation dommageable des conditions d'accueil". Elle ne serait en effet pas sans conséquences pour le confort des enfants et ferait grimper le nombre d'élèves à 29 dans trois classes, en plus de générer une classe à triple niveau (CE1, CE2 et CM1) - une grande première dans l'école -. "Des classes à 29 enfants, ce n'est pas possible pour les apprentissages ! Depuis que je suis ici, l'école n'a subi aucune fermeture et j'espère bien que ça va durer", martèle Josiane Almeras, adjointe aux Affaires scolaires, présente aux côtés des manifestants ce vendredi après-midi.

Le 13 juin dernier, une motion contre la fermeture de classe a également été adoptée à l'unanimité par le conseil municipal qui croit en ses chances de faire rétropédaler le Dasen. "On sent que c'est jouable et défendable", ose croire Sonia Kassouri, qui parle d'une adhésion "totale" des parents d'élèves. À ses côtés, Emma (*), une autre maman d'élève, avait passé la journée à "faire de l'art plastique" pour concevoir les banderoles revendicatives du soir. 

Un dernier coup de collier décisif ?

Elle aussi croit dur comme fer à un rétropédalage. "Annoncer cette réouverture de classe maintenant permettrait d'envisager une rentrée plus sereine. On veut absolument éviter un recomptage à la rentrée et devoir annoncer à des enfants qu'il faut changer de classe au dernier moment. Ça génère des pleurs pour les enfants et du stress pour les parents", s'inquiète-t-elle. "On l'a vécu sur l'école maternelle il y a trois ans et ça a été un drame", se souvient Sonia Kassouri.

D'autant que pendant que le directeur se retrouve dans l'incertitude, contraint d'établir deux projections, une à sept classes et une autre à huit classes, l'enseignante directement concernée par la potentielle fermeture de classe est dans l'expectative. "Elle a envie de rester car elle est attachée à l'école et très bien intégrée ici, mais à condition qu'on ait une réponse le plus rapidement possible", avertit l'adjointe aux Affaires scolaires.

Parents d'élèves et élus boissetains devraient être fixés jeudi prochain à l'issue de la commission administrative paritaire départementale (CAPD) qui aura lieu à l'Inspection académique de Nîmes. Ils auront le mérite de n'avoir aucun regret après avoir mis un dernier coup de collier. 

(*) prénom d'emprunt choisi par la maman qui a décidé de témoigner anonymement. 

Corentin Migoule

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