Publié il y a 1 mois - Mise à jour le 11.04.2024 - Marie Meunier - 3 min  - vu 2045 fois

LA CAPELLE-ET-MASMOLÈNE L'étang rempli par les pluies, mais attention aux amphibiens

xavier gayte

Xavier Gayte, le maire de La Capelle-et-Masmolène.

- photo Marie Meunier

Suite aux fortes pluies des 9 et 10 mars, l'étang de la Capelle s'est rempli. Cela fait longtemps que le niveau de l'eau n'avait pas été aussi haut. Le milieu est propice à la reproduction des amphibiens qui migrent jusqu'au point d'eau, traversant parfois les routes. Les conducteurs sont appelés à être vigilants pour éviter de les écraser. 

"Cela fait au moins depuis 2021 qu'on ne l'a pas vu à ce niveau-là", se réjouit Xavier Gayte, le maire de La Capelle-et-Masmolène, en contemplant l'étang. Il y a encore un mois, le site était quasiment à sec. Les pluies d'hiver n'étaient pas parvenues à le remplir. Mais entre le 9 et 10 mars, en très peu de temps, il est tombé 114 ml de pluie sur la commune uzégeoise. Le dimanche matin, de nombreux habitants se sont rendus sur place voir l'étang métamorphosé en une nuit. "C'est une belle surprise", insiste le maire. Même si l'étang fonctionne selon un système très méditerranéen - se remplissant en cas de pluie et s'évaporant quand il fait chaud, comme une cuvette qui n'est alimentée par aucune rivière et ne dispose d'aucun exutoire -, la météo des dernières années ne lui avait pas permis de se refaire en hiver. 

La lone quasiment à sec, avant les importantes précipitations du 9 et 10 mars. • photo DR
La lone après les pluies. • photo Marie Meunier

Or, l'étang de La Capelle et ses 230 mares environnantes constituent un des sites gardois les plus prisés des crapauds, rainettes et autres amphibiens avec la Camargue. L'absence d'eau qui a sévi ces dernières saisons ont pu les réfréner mais depuis mars, ces animaux ont bien repris leurs quartiers printaniers, donnant lieu à de longs concerts de coassements le soir venu. Pas moins de 9 espèces d'amphibiens cohabitent ici, dont 2 000 rainettes environ. 114 espèces d'oiseaux ont aussi été recensées, dont le busard des roseaux visible à très peu d'endroits du département. Les plantes aquatiques remplacent petit à petit les pionnières. Toutes ces caractéristiques ont fait que ce lieu a été classé Natura 2000 il y a déjà plus de vingt ans. 

Ralentissez, faites attention aux amphibiens

Le maire de La Capelle-et-Masmolène, qui est aussi directeur adjoint de l'Office français de la biodiversité, en est persuadé : "Quand on crée les conditions d'un milieu attractif, les espèces viennent." Il souhaite que les taux de mortalité des amphibiens baissent lors de la migration. Souvent, ces animaux descendent des forêts et traversent les routes pour rejoindre l'étang, où ils se reproduisent. Une partie passe sous les roues des voitures. Depuis février, huit panneaux de signalisation avertissant les conducteurs ont été installés le long des routes bordant l'étang, notamment la Départementale 982. Cette action a été réalisée par le COGard (Centre ornithologique du Gard). "Les panneaux n'ont pas été mis n'importe où. Les équipes ont prospecté sur les routes et ont identifié les quatre secteurs les plus dangereux, où il y avait beaucoup d'écrasements", atteste le maire. 

Huit panneaux de signalisation ont été installés en février et resteront jusqu'à la fin de la période de migration des amphibiens. • photo Marie Meunier

Lorsque la saison de reproduction sera finie, un autre chantier devrait débuter : la construction d'un crapauduc pour 60 000 €. Il s'agit d'un passage souterrain qui permet de contenir les amphibiens et leur évite d'aller sur la route. "Un muret va être créé dans le fossé pour guider les animaux jusqu'au souterrain. C'est le Conservatoire d'espaces naturels (CEN) d'Occitanie qui porte le projet. En même temps, cela nous permet d'optimiser le pluvial", poursuit Xavier Gayte. 

Xavier Gayte sur la passerelle de l'étang de La Capelle. • photo Marie Meunier

La Capelle-et-Masmolène fait également partie du programme Terra Musiva, avec les communes de Sanilhac-Sagriès et Bouquet. La mairie suit donc plusieurs objectifs qui vont aussi favoriser le bon fonctionnement de l'étang et de sa biodiversité. Xavier Gayte travaille à créer une mosaïque du milieu, qui s'est beaucoup refermé. Disposer d'espaces diversifiés avec davantage de prairies, c'est aussi favoriser l'arrivée d'espèces différentes. Le maire décrit : "On agit pour que les agriculteurs réinvestissent ces espaces-là et leur redonnent une vocation agricole. Pour préserver les prairies, il faut que cela s'inscrive dans un modèle économique. On a déjà aidé à réinstaller quatre agriculteurs, d'autres sont en cours." Sur 800 hectares de foncier communal dont dispose la municipalité, 350 hectares sont mis à disposition des éleveurs. L'idée étant - et c'est aussi le 3e objectif de Terra Musiva - de faire de la biodiversité un vecteur d'image et de développement économique et touristique. 

| Lire aussi : FAIT DU JOUR Plus de 6 millions d'euros pour favoriser la biodiversité

Le 1er mai aura lieu la fête de l'étang

Le mercredi 1er mai, de 10h à 20h, se tiendra la 2e édition de la fête de l'étang, qui sera couplée avec la fête de la biodiversité. Le public a rendez-vous directement à l'étang de La Capelle pour fêter la "Cap'margue". À 11h et à 17h, se dérouleront abrivados et bandidos. À 12h30, la municipalité plantera l'arbre de mai. Sur place, il y aura aussi une buvette, des foodtrucks, des artisans et créateurs, des jeux, des animaux, des balades à vélo ou à pied, un marché des producteurs et bien d'autres animations. L'étang étant bien rempli, peut-être que les participants pourront pêcher et procéder à la capture d'écrevisses.

Marie Meunier

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