Publié il y a 1 h - Mise à jour le 30.01.2026 - Rose Macauley - 4 min  - vu 114 fois

AU PALAIS Attouchements sur mineur : le septuagénaire part en prison

C'est à cette barre que le prévenu a enfin comparu pour les différents faits dénoncés par ses petites-filles. 

- Tony Duret

Jugé responsable de violences sexuelles sur sa petite-fille de ses 4 à ses 6 ans, et de détournement de mineur sur une autre enfant de sa famille, ce septuagénaire est condamné à de la prison ferme.

Ce sont des faits qui se sont déroulés le 4 juin 2020 qui ont permis de faire la lumière sur ce dossier, bien plus conséquent qu’il n’y parait. C’est le 10 juin 2020 qu’une plainte est déposée par une jeune femme, accusant son père d’avoir eu des propos sexuels vis-à-vis de sa fille. Quelques jours plus tôt, Francis s’est rendu chez sa petite-fille, âgée de 17 ans au moment des faits. C’est alors qu’il lui a tenu des propos plus qu’ambigus. « Je t’aime », « j’ai envie de toi » ou encore « si tu mets des vêtements aussi sexy, c’est pour moi », sont des phrases qui auraient été prononcées par le septuagénaire, tout en caressant la nuque et le cou de la jeune femme. Un comportement qui a immédiatement alerté l’adolescente, qui s’est empressée de dénoncer ses agissements auprès de sa mère d’abord, puis de sa grand-mère.

Cette histoire, bien que sordide, n’est que l’arbre qui cache la forêt, ou plutôt le passé de cet homme, aujourd’hui âgé de 75 ans. Des années plus tôt, en 2016, ce sont des faits encore plus graves qui ont été dénoncés par une autre de ses petites-filles, que nous appellerons Lola. La fillette, âgée de 6 ans le jour où elle a osé briser le silence, a fondu en larmes, expliquant le calvaire qu’elle a vécu à sa mère. Jusqu’à son entrée en primaire, elle relate que son grand-père, prénommé Francis, a régulièrement abusé d’elle. Elle raconte qu’il lui aurait imposé des cunnilingus, des pénétrations digitales et l’aurait incitée à lui faire des fellations et des masturbations. Il lui aurait également montré des photos et vidéos pornographiques. Ce n’est qu’a son entrée en primaire et son emménagement chez son père que les sévices ont pris fin. Des attouchements que la fillette avait confiée à sa grand-mère, la compagne de Francis. La fillette lui aurait notamment expliqué qu’un liquide aurait coulé du zizi de son papy et qu’il l’aurait mis sur son corps. Pourtant, la mamie n’a rien fait.

Classé sans suite

« Au début, je ne voulais pas la croire, je suis tombée de dix étages », explique la maman de la jeune victime, aujourd’hui âgée de 16 ans. « Cette maman a peut-être espéré que sa fille dise faux », face à l’horreur de son récit, souligne maître Laurence Bourgeon, avocate des parties civiles. Une année après le dépôt de plainte, l’affaire a été classée sans suite par le parquet. « Ils m’ont tous tourné le dos », lance la maman, racontant que cette histoire a conduit à l’explosion de sa famille, dont les membres se sont rangés derrière la version du grand-père. Grâce à l’acharnement de la maman de la victime, l’affaire a de nouveau été ouverte, avant d’être, une seconde fois, classée sans suite.

C’est l’affaire de 2020 qui a recréé le doute dans les esprits des membres de la famille et qui a conduit à la comparution de l’homme, ce jeudi 29 janvier devant le tribunal correctionnel de Nîmes. Interrogé sur les différents faits lui étant reprochés, le grand-père nie en bloc. Il reconnaît simplement avoir eu des propos « à ne pas avoir » vis-à-vis de sa petite fille, victime de ses paroles sexuelles en 2020. Toutefois, il réfute avoir eu des arrière-pensées. Le septuagénaire va jusqu’à dire qu’il chantait simplement « Besoin de rien, envie de toi », de Peter et Sloane. Une version qui n’a convaincu ni le tribunal, ni le public présent à l’audience.

Le prévenu se serait également rendu coupable de faits sur au moins une autre de ses petites-filles. Faits pour lesquels il n’est pas poursuivi. Entendu, il a tout de même avoué aux enquêteurs : « Avec elle, ça aurait pu aller plus loin. » Une version qu’il conteste à la barre. « Il disait que si je racontais à mes parents, il allait m’emplâtrer », explique courageusement Lola à la barre. Elle est aujourd’hui confrontée à des crises d’angoisse telles qu’il lui arrive de vomir. Une détresse que la jeune adolescente porte en elle. D’autant qu’elle est régulièrement amenée à croiser son prétendu bourreau.

Un mandat de dépôt

« Je souhaite louer le courage de Lola qui a su briser le silence », lance la représentante du ministère public au début de ses réquisitions. Soulignant la constance des déclarations de la fillette depuis 10 ans, le procureur de la République n’écarte pas l’éventuelle réitération des faits par le septuagénaire. « Il ne connaît pas de limites », souligne le parquet avant de requérir 6 ans d’emprisonnement à l’encontre du prévenu pour les faits de corruption de mineur, survenus en 2020, et les violences sexuelles sur mineur de moins de 15 ans, ayant pris place entre 2012 et 2015.

Le tribunal, présidé par Jérôme Reynes, a alourdi la peine, la portant à 8 ans d’emprisonnement assortis d’un mandat de dépôt. Francis sera dès lors inscrit au Fichier des auteurs d’infractions sexuelles (Figes), aura interdiction d’exercer une activité professionnelle ou bénévole avec des mineurs et devra indemniser les victimes. Il devra payer 15 000 € à Lola pour son préjudice moral et 5 000 € à sa maman. 3 000 € devront également être versés pour couvrir les frais de justice. Arrivé libre quelques heures plus tôt, le prévenu fêtera son 76ᵉ anniversaire derrière les barreaux.

*Le prénom de l'adolescente a été modifié pour préserver son anonymat.

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