Les deux accusés ont enfin pris la parole sur les faits de home-jacking commis entre le 21 avril et le 28 mai 2024 au préjudice de plusieurs personnes âgées sur les secteurs de Caveirac, Milhaud et Bernis. « C’est pas moi », martèle Dominique, l’un des accusés. Pourtant, dès son interpellation par les gendarmes, il a reconnu l’intégralité des faits de cambriolages avec arme. Une défense étrange, mêlée à de réelles confusions dans ses propos. Tantôt, il a été sous l’influence de Manuel, l’autre accusé, voir menacé de mort par ce dernier pour effectuer ces cambriolages. Tantôt, il les a effectués en binôme avec Manuel « parce qu’on manquait d’argent ». Un discours décousu qui n’a pas manqué d’attiser la frustration tant des parties civiles que des magistrats, allant jusqu’à Maître Dounia Hamchouch, son propre conseil.
Interrogés l’un après l’autre, les deux hommes ne cessent de se contredire et de se renvoyer la balle de leur responsabilité respective. Selon Manuel, ils ne se sont rendus responsables d’aucune violence. « C’est pas moi qui avait l’arme », ajoute le jeune homme. Pourtant, Dominique réfute également avoir été le porteur de l’arme sur ces faits et va jusqu’à dire qu’il avait plutôt un rôle de suiveur. Des précisions sur lesquelles il revient quelques minutes après, expliquant qu’il avait parfois fait usage de l’arme pour menacer les victimes. « Vous n’étiez bien que deux lors de ces faits », les interroge Maryline Aristide, présidente de la Cour. Malgré tout, la procédure étayée par les témoignages des victimes souligne que l’arme, d’un calibre 6.35, aurait changé de mains lors des différents cambriolages. D’autant que Manuel le reconnaît lui-même : « On agit toujours de la même manière », dit-il. « Même entre-eux, ils ne savent pas s’accorder », soutient Maître Charles Fontaine, avocat d’une des parties civiles.
« Ils ont gâché
sa fin de vie »
« On se rend compte que c’est des faits graves », lance Dominique, prétendant avoir honte de ses agissements. Une allégation qui ne manque pas de faire réagir la salle, et les victimes assises sur le banc des témoins. « Ils lui ont gâché sa fin de vie », soutient Maître Valentine Cassan, plaidant pour les intérêts d’Huguette. Veuve, cette dernière a été la victime d’un home-jacking le 28 mai 2024, faisant d’elle la dernière victime de cette série criminelle. Nombreux ont été les avocats représentant les parties civiles à souligner le choix des cibles. Les victimes sont « soigneusement choisies », lance Maître Valentine Cassan, rejointe par Maître Charlène Angot, intervenant pour les intérêts de Maryse, la toute première victime des faits. « Les victimes auraient tout à fait pu être les grands-parents de Manuel », souligne-t-elle. Une référence faite à la personnalité de ce jeune prévenu, très attaché à son grand-père décédé récemment.
« Aucun accusé ne reconnaît sa responsabilité », lance Maître Charles Fontaine. C’est le cas notamment concernant les repérages effectués aux domiciles des différentes victimes, quelques jours, voire quelques heures avant les home-jackings. Des repérages effectués au moyen d’une visite au-devant des logements visés, couvertes par le prétexte de chercher une direction que ce soit le boulodrome ou le bureau de tabac le plus proche. Problème : établir les responsabilités pour cette facette de leur plan bien rodé est de nouveau plus que difficile, chacun s’attribuant un rôle différent à mesure que de nouvelles questions leurs sont posées. Les débats vont se poursuivre aujourd'hui avec les réquisitions du ministère public, représenté par Alain Chemama, et les plaidoiries de la défense, suivi du dernier mot des accusés. Le verdict est attendu dans la journée.
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