Publié il y a 1 h - Mise à jour le 27.01.2026 - Rose Macauley - 4 min  - vu 116 fois

AU PALAIS Tentative de meurtre à Pissevin : « Je conteste toujours les faits »

Trois magistrats et huit jurés ont à juger une affaire de tentative de meurtre, survenue dans le quartier de Pissevin, à partir de ce lundi 26 janvier.

- R.M.

Nomination du jury, énoncé des faits et audition des experts et des témoins, la journée d’ouverture de ce second procès contre Kamel T. est chargée. Il risque de nouveau la réclusion criminelle à perpétuité, malgré sa condamnation pour meurtre la semaine passée.

« J’ai senti quelqu’un derrière moi, je me suis retourné et pan », a dit la victime lors de son audition face aux enquêteurs. C’est au niveau de la galerie Richard-Wagner, sur la passerelle située sous la rue Puccini, à Nîmes, que la police nationale est intervenue pour une blessure par arme à feu, le 19 octobre 2022. Allongé au sol, avec une simple veste de survêtement pour lui protéger la tête, l’homme a été victime d’un tir d’arme à feu perforant, traversant de sa clavicule gauche à la droite. Le tireur, un individu cagoulé et vêtu de noir, se serait échappé, camouflant un objet dans sa veste, selon un témoin. Une tenue vestimentaire correspondant à celle décrite par la quadragénaire hébergeant le prétendu tireur à l’époque des faits. Interrogée sur l’éventualité qu’il ait pu être à l’origine de ce crime, elle répond : « Je suppose. » À l’arrivée des secours, la victime est semi-consciente et crache du sang. Un étui de 9 mm est retrouvé à proximité de son corps. Transporté à l’hôpital, le jeune étudiant en pharmacie ne succombera pas à ses blessures. C’est donc pour tentative de meurtre que Kamel T. comparait devant la cour d’assises du Gard, depuis ce lundi 26 janvier 2026.

Après désignation des huit membres du jury populaire, le président de la Cour, Christian Pasta, s’est appesanti sur les chefs d’accusation à l’encontre de Kamel T. Il est poursuivi en ce début de semaine pour tentative de meurtre par arme à feu, association de malfaiteurs et détention d’armes et de munitions de catégorie B. L’association de malfaiteurs visée, se justifie par le fait que Kamel T. serait à l’origine de l’ordre ayant conduit à la mort de l’étudiant. « Il a donné le go », souligne Stéphanie Loncq, major au sein de la police nationale de Nîmes et directrice de l’enquête. En état de récidive, il risque la réclusion criminelle à perpétuité. Le prétendu tireur a été assassiné quelques mois après les faits. Une nouvelle affaire où le nom de Kamel T. ressort des investigations.

Des écoutes douteuses

C’est grâce aux écoutes téléphoniques menées sur le téléphone de l’accusé dans le cadre d’une affaire de meurtre pour laquelle il a été condamné à 25 ans de réclusion criminelle la semaine dernière, que Kamel T. a pu être rattaché à cette tentative de meurtre. Ces échanges téléphoniques entre lui et le prétendu tireur « confirment que les deux hommes étaient en surveillance d’un individu », explique la directrice de l’enquête. « On ne le prend pas dans les galeries, y a trop de monde », aurait dit le tireur, par téléphone, à Kamel T. la veille de la tentative de meurtre. « Je crois qu’il y a eu un essai la veille », ajoute Stéphanie Loncq. Les deux hommes ont été en contact jusqu’à quelques jours après les faits, lorsque la ligne téléphonique du prétendu tueur a été désactivée.

Malgré les éléments à charge contre l’accusé, il maintient qu’il n’est pour rien dans cette tentative de meurtre : « Je conteste toujours les faits, si j’avais voulu faire un truc comme ça, je ne les appellerais pas sur leur téléphone, j’utiliserais Signal », lance l’homme, faisant référence à une messagerie cryptée, bien connue des trafiquants de stupéfiants. Catégorique quant à son absence d’implication dans les faits et mettant en cause le juge d’instruction, l’accusé va jusqu’à confier au docteur Laurent Layer, l’expert psychiatre, qu’il s’agit d’une volonté des forces de l’ordre de clore l’enquête rapidement. « Je suis l’arbre qui cache la forêt », aurait-il soutenu à l’occasion de l’un de leurs entretiens.

« C’était la mort assurée »

Réfutant sa responsabilité dans la tentative de meurtre, l'accusé évoque toutefois avoir tenté de commettre un vol de stupéfiants, au même moment que ces faits, dans le véhicule d’un ravitailleur. Un vol qui n’a pas été un succès, le butin n’étant, selon lui, que du CBD. Intervenu en sa qualité de psychiatre, Laurent Layer a décrit Kamel T. comme ayant « une personnalité antisociale », mais ne possédant « aucune pathologie délirante » et des capacités intellectuelles normales, bien qu'elles soient dans la moyenne inférieure.

Interrogé sur le caractère mortel de l’atteinte subie par la victime en cette journée d’automne 2022, le docteur Mounir Benslima, chef du service médico-légal du CHU de Nîmes, répond : « Il a eu beaucoup de chance », soulignant que si la balle avait touché la carotide, « c’était la mort assurée ». Malgré un examen de la victime plusieurs mois après les faits, le légiste évoque un taux d’infirmité qui « n’est pas inférieur à 7 % ». Il a aujourd'hui des lésions au niveau des cordes vocales et de l'œil gauche. Des dégâts infligés par l’ « arme la plus répandue au monde », selon François Besson, expert en balistique attaché au laboratoire de police scientifique de Marseille.

Les débats vont se poursuivre demain, laissant notamment l’occasion à l’accusé de répondre aux questions de la cour concernant cette soirée du 19 octobre 2022.

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