Bouget confirme. Au lendemain du 22 mars, date de la victoire du candidat communiste à la mairie de Nîmes, une bonne partie de l’électorat du centre, de la droite et de l’extrême droite s’est réveillée avec la gueule de bois. Au-delà des sept années qu’ils s’apprêtaient à subir, ces électeurs s’étaient mis en tête que le nouveau maire allait envoyer la capitale gardoise à des années-lumière de leur réalité. Quelques semaines plus tard, le constat est pourtant sans appel : il n’y a pas eu de révolution rouge à Nîmes. Bien au contraire. Les premiers pas du nouvel édile sont plutôt réussis. Excellents, diront même ses soutiens. Oui, Vincent Bouget réussit son entrée en fonction. Parce qu’il a compris très vite que les dernières années de l’ère Fournier avaient laissé des traces profondes chez de nombreux Nîmois. Son absence du terrain, son éloignement progressif du quotidien des habitants, mais aussi des décisions souvent prises sans véritable concertation. Et puis il y eut le bouquet final : la guerre de succession qui a empoisonné la vie politique locale jusqu’au sein même de son camp. À force de divisions, la majorité sortante a fini par se fracasser contre le mur de la réalité électorale. Deux mois après son élection, Vincent Bouget met en œuvre ce qu’il avait promis. Avec « Bonjour Nîmes », il a instauré une mécanique de démocratie participative qui semble déjà bien rodée. Les réunions attirent du monde, parfois même au-delà des capacités d’accueil des salles. Les sujets abordés ne sont pas révolutionnaires. Ils concernent simplement le quotidien des habitants. Mais c’est précisément ce qu’il avait annoncé pendant sa campagne. Selon lui, l’ère Fournier s’était surtout occupée de Nîmes ; lui entendait s’occuper des Nîmois. L’autre terrain sur lequel ses adversaires l’attendaient au tournant était celui de la sécurité. Force est de constater que la visite du ministre de l’Intérieur, jeudi dernier, a apporté des réponses concrètes. Entre le renforcement des effectifs des forces de l’ordre et le soutien financier annoncé pour le futur poste de police partagé de Pissevin, réunissant police nationale et police municipale, les critiques peinent pour l’instant à trouver leur cible. Certains diront même que la droite n’aurait sans doute pas obtenu davantage. Il apparaît donc que le nouveau maire a pleinement endossé son costume. Ceux qui l’ont sous-estimé découvrent aujourd’hui un responsable politique expérimenté. Longtemps dans l’opposition municipale et vice-président du Département du Gard, Vincent Bouget a construit, au fil des années, une relation de proximité avec une partie importante des Nîmois. Il a développé un récit municipal cohérent. Aujourd’hui, il ne fait que l’appliquer. Et s’il évite les pièges du pouvoir ainsi que les conseils mal avisés, il pourrait bien rester plus longtemps que prévu dans son fauteuil de maire. D’autant que les Nîmois, lorsqu’ils accordent leur confiance, savent souvent se montrer fidèles.
La Belle Vie ? Ou pas... Les déclarations d'Emiliano Marcos sur le plateau du Club Objectif Gard n'ont manifestement pas laissé Thierry Cenatiempo indifférent. Ébranlé par la sortie médiatique du chef d'entreprise, le président du Nîmes Olympique a rapidement cherché à reprendre l'initiative. Selon nos informations, il a proposé à son désormais célèbre contradicteur une rencontre en urgence afin de crever l'abcès. Autour de la table de La Belle Vie à Saint-Hilaire-d'Ozilhan, l'établissement dont il fut le propriétaire ? Le symbole aurait été parfait. Mais, à ce stade, Emiliano Marcos fait durer le suspense et n'a toujours pas donné suite. Derrière cette tentative d'apaisement se cache surtout une inquiétude plus profonde. À l'Hôtel de Ville, les propos tenus cette semaine ont été scrutés avec attention. Or, le Nîmes Olympique reste plus que jamais dépendant du soutien municipal. « Sans Vincent Bouget et Bruno Ferrier, l'adjoint aux Sports, il sera compliqué d'envisager la prochaine saison. La Ville est propriétaire du stade des Antonins et de la Bastide. Nîmes Olympique n'a ni les moyens ni le temps de trouver des solutions alternatives », glisse une source municipale. Autre sujet d'inquiétude : le passage devant la DNCG, déjà reporté une première fois. Les prochaines semaines s'annoncent décisives pour l'avenir du club. « Thierry Cenatiempo affirme être en discussion avec un nouvel actionnaire. Ce n'est pas un Nîmois mais, selon lui, un amoureux de Nîmes. Il avance également sur un partenaire maillot qui pourrait être Bastide Médical. Le problème, c'est que le premier n'a toujours pas signé et que le second, par l'intermédiaire de Nicolas Balmelle, explique partout en ville traverser une période financière compliquée... », confie un observateur averti du dossier. À quelques jours d'échéances cruciales, le président du Nîmes Olympique joue gros. Très gros.
Qui est le mystérieux actionnaire de Cenatiempo ? Ce mercredi soir, une réunion importante se tenait au sein de l'association Nîmes Olympique. Invité à s'exprimer devant les dirigeants associatifs, le président de la SAS Nîmes Olympique, Thierry Cenatiempo, a longuement détaillé sa vision pour l'avenir du club. Mais c'est surtout un autre sujet qui a retenu l'attention : l'arrivée annoncée d'un nouvel actionnaire. Un dossier sur lequel le patron du NO se veut confiant, même si aucune signature n'est encore intervenue. Selon plusieurs indiscrétions, les discussions conduisent de l'autre côté de l'Atlantique. Le futur investisseur serait lié à une académie de football basée à Orlando, en Floride. Une structure particulièrement développée, qui disposerait d'une cinquantaine de recruteurs chargés de détecter les jeunes talents à travers le monde et accompagnerait près de 200 joueurs âgés de 17 à 21 ans. L'ambition affichée ? Créer une passerelle entre Nîmes et les États-Unis, avec une stratégie davantage tournée vers la post-formation que vers la pré-formation. Une orientation qui pourrait profondément modifier le modèle sportif du club dans les années à venir. Reste une question : qui se cache derrière ce projet ? Thierry Cenatiempo est resté discret sur l'identité de son interlocuteur. Pourtant, selon un proche du dossier, l'homme d'affaires serait « bien connu des Nîmois ». De quoi alimenter les spéculations dans une ville où l'avenir du Nîmes Olympique continue de susciter autant d'interrogations que d'espoirs.
Gros lot pour les municipaux. Depuis son arrivée à l'Hôtel de Ville, Vincent Bouget soigne sa relation avec les agents municipaux. Après avoir reçu les organisations syndicales et multiplié les gestes d'attention, le nouveau maire franchit une étape supplémentaire. Selon nos informations, 1 000 places pour le festival de Nîmes seront réservées aux agents de la Ville. Une initiative présentée comme une marque de reconnaissance envers ceux qui assurent au quotidien le fonctionnement des services municipaux. Dans la majorité, certains saluent une décision habile. « C'est très bien joué de la part du nouveau maire. Il envoie un signal positif aux agents. Sous Jean-Paul Fournier, ce type d'invitations relevait davantage de décisions ponctuelles et discrétionnaires. Forcément, cela change l'ambiance », estime un élu. Du côté de l'opposition, en revanche, le cadeau passe beaucoup moins bien. « C'est tout simplement honteux. Le festival de Nîmes est censé attirer des visiteurs et générer des retombées économiques, pas distribuer des invitations à grande échelle », tacle un opposant. Le même poursuit : « La nouvelle majorité évoque déjà une réduction du nombre de concerts à partir de l'an prochain. Si, en plus, une partie significative des gradins est occupée par des invitations, il faudra expliquer comment la Ville compte préserver l'équilibre économique de l'événement et ses retombées pour le territoire. » Entre reconnaissance des agents et débat sur l'utilisation de l'argent public, le geste politique ne laisse en tout cas personne indifférent.
Ça bouge chez Les Républicains. Les Républicains accélèrent leur réorganisation dans le Gard. La commission nationale d'investiture a désigné le sénateur Laurent Burgoa pour conduire une liste d'union de la droite et du centre lors des élections sénatoriales de 2026. Et ce n'est pas la seule casquette qui attend le parlementaire gardois. Dans les prochaines semaines, il devrait également être désigné secrétaire départemental du parti. Reste une question : qui prendra la présidence des Républicains dans le Gard ? Selon plusieurs sources internes, le choix est déjà arrêté. Christophe Rivenq, maire d'Alès et président d'Alès Agglomération, serait appelé à prendre les commandes du mouvement. « Il a été fortement encouragé à accepter. Sans lui, c'était la catastrophe. Il fallait remettre un peu d'ordre dans la maison », confie un proche de l'élu alésien. Mais cette perspective ne fait pas l'unanimité chez les militants historiques. Certains s'interrogent notamment sur sa situation vis-à-vis du parti. « Il faudrait déjà savoir si Christophe Rivenq est à jour de ses cotisations. Ce n'est pas le cas depuis plusieurs années. Or, les statuts sont clairs pour prétendre à la présidence ou à une fonction de référent local », assure une ancienne figure de la droite gardoise. Contacté par notre rédaction, Laurent Burgoa balaie la polémique : « Sa candidature a été validée par Paris et Christophe Rivenq a confirmé qu'il cotisait en tant que conseiller régional. » Chez Les Républicains, comme souvent, les batailles ne sont jamais totalement terminées.
Les bons comptes ? Au Conseil départemental du Gard, certains élus ont déjà sorti la calculatrice. À moins de deux ans des élections départementales, l'inquiétude gagne une partie de la majorité. Conserver les clés de l'Hôtel du Département s'annonce plus compliqué que prévu. Canton par canton, les projections s'affinent et les équilibres politiques sont passés au crible. Avec 23 cantons dans le Gard depuis le redécoupage de 2015, la barre de la majorité est fixée à 12. Or, plusieurs territoires sont aujourd'hui considérés comme fragiles. « Aigues-Mortes, Alès-1, Alès-2, Alès-3, Bagnols-sur-Cèze, Beaucaire, Marguerittes, Nîmes-1, Pont-Saint-Esprit, Saint-Gilles, Vauvert et Villeneuve-lès-Avignon sont soit perdus, soit en grand danger », analyse un observateur averti. Douze cantons. Soit exactement le nombre nécessaire pour faire basculer l'assemblée départementale vers une majorité de droite alliée à l'extrême droite. Et certains voient encore plus noir. « Rien ne dit que Calvisson et Redessan resteront stables. Si ceux-là bougent aussi, on est foutus », résume un élu avec franchise. Dans ce contexte, une hypothèse commence à circuler : celle d'accords ou de rapprochements avec le centre et la droite modérée afin d'empêcher une percée du Rassemblement national. Un nom revient régulièrement dans les discussions : celui d'Eddy Valadier. Le maire de Saint-Gilles ne cache plus son intérêt pour la présidence du Département. « Eddy Valadier a fait de la présidence du Conseil départemental un objectif. Aujourd'hui, il peut commencer à s'y préparer s'il accepte les voix, d'où qu'elles viennent », glisse un fin connaisseur du dossier. Reste un obstacle de taille : Christophe Rivenq. « Le futur président des Républicains dans le Gard n'acceptera jamais un accord reposant, directement ou indirectement, sur les voix du RN. Entre le Rassemblement national et Carole Delga, il choisira toujours Carole Delga », assure une source alésienne.
Plantier plie boutique. Il avait assuré vouloir inscrire son engagement dans la durée, même en cas de défaite. Finalement, Julien Plantier a revu ses plans à la baisse. L'ancien candidat à la mairie de Nîmes a rendu les clés de son local de campagne de l'avenue Jean-Jaurès. Un choix qui alimente les commentaires dans son propre camp. « Il voulait en faire le point de départ de quelque chose, même après l'élection. Mais aujourd'hui, à Nîmes, une grande partie de la droite et du centre ne veut plus entendre parler de lui », confie l'un de ses anciens colistiers. Pourtant, certains imaginaient déjà un autre scénario. Celui d'un Julien Plantier suivant la trajectoire de Jean-Paul Fournier. Battu en 1995 par le communiste Alain Clary, ce dernier s'était installé comme principal opposant avant de conquérir la mairie six ans plus tard. Mais le contexte a changé. « Aujourd'hui, la première force d'opposition à Nîmes, c'est le Rassemblement national. Julien Plantier a laissé beaucoup de traces après la campagne de 2026. Dans l'opinion, le travail de reconstruction s'annonce immense », estime un observateur de la vie politique locale. La question est désormais de savoir qui portera les couleurs de la droite et du centre lors des prochaines échéances. Et pour l'heure, personne ne semble s'imposer. Dans ce contexte, une autre rumeur prend de l'épaisseur. Julien Plantier serait de plus en plus enclin à accepter un poste de directeur général adjoint à la mairie d'Avignon.
RN : le chef absent, les autres surjouent. Julien Sanchez brillait par son absence vendredi dernier lors du conseil municipal de Nîmes. Celui qui avait promis, au soir des élections, un engagement total au service des Nîmois n'était pas présent dans l'hémicycle. Une absence remarquée, mais qui n'a pas empêché son groupe de se faire entendre. « Il avait peut-être quitté son siège, mais il avait laissé les consignes. Pendant toute la séance, ils sont intervenus sur presque tout. À force, cela devient contre-productif. On finit par ne plus distinguer les combats importants des postures politiques », soupire un élu de l'opposition. Dans les rangs de la majorité municipale, le comportement du groupe RN est observé avec un mélange d'agacement et d'amusement. « Ils vivent très mal leur défaite. On sent une volonté permanente de contester, de provoquer ou de ralentir les débats. Mais à la fin, les décisions sont prises par la majorité. Quand Vincent Bouget clôt le débat, ils repartent sans avoir obtenu grand-chose », analyse un élu de la majorité. Reste que personne ne sous-estime réellement la stratégie du Rassemblement national. Car si les interventions à répétition peuvent lasser une partie des élus, elles permettent aussi d'occuper l'espace politique et médiatique.
Jeanne, au secours ! L'absence d'apéritif offert par la Ville à l'issue de la messe de la feria n'en finit plus de faire parler. Tout comme la suppression de la cérémonie d'hommage à Jeanne d'Arc. Deux dossiers qui ont largement animé le dernier conseil municipal de Nîmes. En première ligne, Nicolas Cadène. Le conseiller municipal délégué à l’Enseignement supérieur, à la Vie étudiante, à la Coopération internationale et aux Jumelages a longuement défendu les choix de la majorité municipale face aux critiques de l'opposition. Sans parvenir, semble-t-il, à convaincre ses contradicteurs. « Nicolas Cadène est dans une logique de principe plus que dans une logique de rassemblement. Vincent Bouget sait pourtant très bien que la messe de la feria dépasse largement le cadre religieux. C'est une tradition nîmoise à laquelle participent des élus et des habitants de toutes sensibilités. La laïcité n'a jamais consisté à effacer les traditions locales », estime un élu de l'opposition. Même tonalité concernant la disparition de la cérémonie dédiée à Jeanne d'Arc. « Jeanne d'Arc appartient à l'histoire de France avant d'appartenir à quiconque. En supprimant cette cérémonie, on donne le sentiment de vouloir abandonner un symbole au Rassemblement national alors qu'il devrait être partagé par tous », juge un autre élu. Dans la majorité, on assume au contraire une lecture stricte des principes républicains et une clarification des pratiques héritées des précédentes municipalités. Reste que le débat dépasse largement la question d'un apéritif ou d'une cérémonie. Il touche à une interrogation plus profonde : où s'arrête la tradition et où commence l'action publique ?
Le choix de la discrétion ? Après le départ à la retraite de Jean-François Lheureux, Nîmes Métropole semble tenir son futur directeur général des services. Ou plutôt sa future directrice. Selon plusieurs sources concordantes, le nom de Christelle Papaïs, actuelle directrice générale adjointe chargée des ressources internes au Conseil départemental du Gard, revient avec insistance ces derniers jours. Une candidature qui ne surprend pas certains observateurs. « Si l'objectif est de nommer quelqu'un qui ne fera pas de vagues et appliquera la feuille de route fixée par les élus, c'est un choix cohérent », glisse une source bien informée des discussions en cours. Son principal atout ? Son profil administratif et sa réputation de neutralité politique. « Vincent Bouget et son cabinet ne veulent pas d'une personnalité trop marquée politiquement. Ils privilégient une haute fonctionnaire capable de faire tourner la machine. C'est un choix qui peut se défendre, mais après l'état de grâce, ils vont rapidement se confronter à la réalité du pouvoir local. Gouverner, ce n'est pas seulement gérer », analyse un connaisseur des collectivités territoriales. Pour certains, la nomination d'un profil plus politique aurait permis d'accompagner davantage la nouvelle majorité dans la construction de son projet métropolitain. « S'ils veulent bâtir un récit stratégique et transformer durablement le territoire, il existait d'autres profils. Y compris parmi les réseaux proches des socialistes », poursuit cette même source. Reste à savoir si telle était réellement l'intention de Vincent Bouget. Car derrière cette nomination se joue aussi un équilibre subtil au sein de la majorité.
Plus de pétanque les jours Ferrier. Le Trophée des personnalités ne reviendra pas à Nîmes cette année. Pour rappel, en mai 2025, les Jardins de la Fontaine avaient accueilli cette compétition atypique mêlant champions de pétanque, personnalités et entrepreneurs. Une triplette composée de Philippe Suchaud, Jean-Louis Gasset et Nicolas Hatger s'était alors imposée en finale face à Dylan Rocher, Lionel Riera et Patrick Bosso. Derrière l'événement, on retrouve Olivier Sanguinède, figure bien connue du milieu bouliste et proche de Jean-Jacques Bourdin. L'organisateur avait déjà entretenu des relations compliquées avec Thierry Procida, alors adjoint aux Sports. Il espérait sans doute trouver une oreille plus attentive auprès de son successeur, Bruno Ferrier. Raté. Selon plusieurs sources, l'élu aurait conditionné son soutien à une participation plus importante des jeunes issus des quartiers populaires. Une demande qui n'aurait guère convaincu l'organisateur. « Ce n'est pas l'objet de cet événement. On parle d'un trophée de personnalités, pas d'une opération d'animation sociale », résume un proche du dossier. La discussion se serait terminée sur une note particulièrement fraîche. « Je reviendrai en 2033 ! », aurait lancé Olivier Sanguinède, visiblement peu convaincu par les nouvelles orientations de la Ville. En attendant, le Trophée des personnalités devrait trouver refuge dans des communes jugées plus accueillantes.
Ne tombez pas dans le panneau. À peine installée aux commandes de la Ville, la nouvelle majorité investit déjà les panneaux d'affichage. Depuis quelques jours, Vincent Bouget et sa première adjointe s'affichent en grand format dans le cadre des rencontres de proximité baptisées « Bonjour Nîmes ». Une campagne qui fait grincer quelques dents dans l'opposition. « Si Franck Proust ou Julien Plantier avaient placardé leurs visages dans toute la ville quelques semaines après leur élection, on aurait crié à la personnalisation du pouvoir », peste un ancien adjoint de Jean-Paul Fournier. Du côté de la majorité, on assume totalement la démarche. « Vincent Bouget et Amal Couvreur viennent d'arriver aux responsabilités. Même si la campagne municipale les a rendus plus visibles, tous les Nîmois ne les identifient pas encore. L'objectif est aussi de mettre un visage sur les nouveaux élus et d'encourager les habitants à venir échanger avec eux », défend un proche de l'exécutif. Certains habitants auraient voté Vincent Bouget sans même savoir à quoi il ressemble ? L'argument peine à convaincre les adversaires politiques du maire. « C'est surtout une opération d'autopromotion. Mais comme cela vient de la gauche, certains trouvent ça plus acceptable que lorsque la droite communiquait », ironise un opposant.
Wolber est comme la droite : en pause... La défaite des municipales n'a manifestement pas mis un terme aux ambitions politiques de Valentine Wolber. L'élue d'opposition à la Ville de Nîmes et à Nîmes Métropole continue de cultiver son réseau et sera présente jeudi prochain à 19 heures au centre Pablo-Neruda à l'occasion de l'étape nîmoise du Tour de France de Nouvelle Énergie, le mouvement lancé par le maire de Cannes, David Lisnard. Faut-il y voir un rapprochement politique avec celui qui nourrit toujours des ambitions nationales ? Pas si vite. « J'ai adhéré à Nouvelle Énergie en janvier dernier. Il fallait des adhérents sur la liste de Franck Proust pour obtenir le soutien du mouvement. Muriel Thomas l'a également fait », explique l'intéressée. Une précision qui n'empêche pas les interrogations. D'autant que depuis la défaite de la droite à Nîmes, plusieurs responsables locaux cherchent leur place dans le nouveau paysage politique gardois. Valentine Wolber prend toutefois soin de ne fermer aucune porte. « J'ai toujours ma carte des Républicains. Pour la présidentielle, je ne soutiens personne. Je suis en pause. Il faudra voir le moment venu qui sera candidat à droite », confie-t-elle. Une réponse prudente qui en dit long sur l'état de la droite aujourd'hui.
Tessier, l’homme de toutes les majorités. Nicolas Meizonnet, le député frontiste a raflé la mairie de Vauvert, puis la présidence de l’intercommunalité de la Petite Camargue lors des dernières municipales. Une double victoire qui, manifestement, nécessitait un solide dispositif d’accompagnement. Le nouvel édile ne s’est donc pas contenté d’un collaborateur de cabinet : il en compte deux. Le premier, Patrick Fernandez, officie à la mairie. Le second, Rodolphe Tessier, exerce ses talents à la communauté de communes. Le parcours de ce dernier témoigne d’une remarquable capacité d’adaptation : après avoir servi dans le cabinet de Pierre Martinez, ex-PS, le voilà désormais au service de Nicolas Meizonnet. Et il sera peut-être LFI dans six ans… La souplesse, ça se travaille.
Bientôt un « Bonjour les Gardois » ? Lors du Salon des maires, la présidente du Conseil départemental, Françoise Laurent-Perrigot, est montée à la tribune. Elle a naturellement adressé un message chaleureux aux élus locaux, leur renouvelant son soutien, notamment financier. Ce n’est pas tout. Si beaucoup ont les yeux rivés sur les sénatoriales de septembre, les élus départementaux pensent surtout aux Départementales 2028, avec une question qui hante la majorité de gauche : conservera-t-elle les clés du Département ? « À partir d’octobre, nous organiserons dans chaque canton des réunions avec les maires et les intercommunalités », a annoncé la présidente. Une tournée des cantons qui ressemble à une campagne électorale. À ceci près qu’elle commence, médiront certains, peut-être trop tard… À Nîmes, à peine élu, le maire Vincent Bouget n’a pas quitté le terrain, désormais à la rencontre des habitants au travers de son opération « Bonjour Nîmes ». Quant à Carole Delga, elle a relancé son opération « La Région à vos côtés ». Le terrain, chacun l'a compris, est désormais le premier bureau de vote.
La mairie de Bagnols sabre la culture. Il a été question de culture, vendredi soir lors du conseil municipal de Bagnols. Enfin plutôt de son coût : interrogée par l’opposition, la maire RN Pascale Bordes a assumé de « ne pas donner suite à 9 spectacles de la programmation 2026-2027 de la Pyramide qui n’étaient pas encore signés, pour un coût total de 172 735 euros, un montant difficilement supportable au regard de l’état financier de la commune. » Sachant que, compte tenu des recettes de billetterie attendues pour ces spectacles, le déficit n’aurait été « que » de 56 000 euros. Idem pour le projet de rachat des murs du cinéma, abandonné lui aussi. Mais une autre annulation est passée sous les radars, celle de l’exposition « Les Penchés », proposée par un collectif d’artistes d’Aigues-Mortes. L’exposition, qui devait se tenir du 22 juillet au 15 août au centre d’art rhodanien Saint-Maur, a été annulée par la mairie pour des raisons budgétaires, en l'occurrence un défraiement de quelques centaines d’euros en tout pour les artistes qui feraient les permanences. La culture paie le prix fort des économies que la nouvelle municipalité d’extrême droite compte faire, notamment pour financer ses mesures sécuritaires, recrutement de policiers municipaux et extension de la vidéoprotection en tête. Rappelons en passant que cette même nouvelle majorité a augmenté l’enveloppe des indemnités des élus, passée de 300 000 euros en 2025 à 330 000 euros cette année. Il y a des coups de rabot qui se perdent…
Vers où ? Vers-Pont-du-Gard a récemment lancé les grandes manœuvres. Les élus ont acté leur volonté de quitter la Communauté de communes du Pont du Gard (CCPG). Direction envisagée : la Communauté de communes du Pays d’Uzès. Une information confirmée par une source très proche du maire. Et ce mouvement pourrait bien ne pas être isolé. « C’est certain, il y aura au moins trois autres départs vers le Pays d’Uzès : Pouzilhac, Collias et Saint-Hilaire-d’Ozilhan », assure un observateur attentif du dossier. Seule Remoulins entretiendrait encore le doute. « La commune souffle le chaud et le froid. Elle tente de se vendre au plus offrant », glisse cette même source. Dans ce contexte, une rencontre entre Vincent Bouget, président de Nîmes métropole, et Nicolas Cartailler, maire de Remoulins, serait prochainement au programme. « Ce que rêvait de réaliser Franck Proust pourrait finalement être accompli par Vincent Bouget », estime un acteur du territoire. Avec à la clé une perspective jugée stratégique : l’intégration de Remoulins, commune idéalement située à proximité immédiate de l’autoroute A9 et du Pont du Gard. Pour Nicolas Cartailler, le choix s’annonce toutefois complexe. Un rapprochement avec Nîmes Métropole offrirait l’avantage de bénéficier de fonds de concours importants. Mais la commune devrait alors reprendre certaines compétences aujourd’hui exercées par le Pays d’Uzès, notamment dans le domaine de la petite enfance. À l’inverse, elle perdrait la gestion de l’eau et de l’assainissement. Autre dossier sensible : celui des actifs et des investissements portés par la CCPG. « La meilleure solution serait une dissolution pure et simple de la Communauté de communes du Pont du Gard. Comme dans une entreprise, cela permettrait d’effacer une partie des dettes », avance une source bien informée. Une hypothèse qui, si elle devait se concrétiser, ne réglerait pas tout. Car la liquidation d’une intercommunalité est un processus long et complexe. Sans compter la question de l’adhésion des habitants. À Remoulins notamment, une partie de la population semble davantage tournée vers Uzès que vers Nîmes.
Plus d’argent, mais on recrute quand même. Depuis son arrivée à la tête de la mairie de Saint-Hilaire-de-Brethmas, Gaël Mancuso enchaîne les polémiques. L’annulation du carnaval Koukinas, événement particulièrement apprécié des enfants de la commune, avait déjà suscité de nombreuses réactions. Plus récemment, le projet de suppression d’une dizaine de postes de contractuels, notamment des Atsem, a également alimenté la contestation. Face au tollé, le maire semble toutefois avoir revu sa position. Alors que la municipalité affirme rechercher des économies dans l’ensemble de ses services, l’éventuelle arrivée d’un nouveau collaborateur auprès de Gaël Mancuso pourrait à nouveau faire réagir. Selon nos informations, le poste pourrait revenir à Anthony Belin, ancien collaborateur du sénateur Laurent Burgoa. Anthony Belin était encore candidat aux élections municipales de Lunel en mars dernier. Mancuso et Belin ont d’ailleurs été aperçus ensemble dans les allées du salon des maire cette semaine…
Dernière minute. Carole Delga, la présidente de la région Occitanie, organise une nouvelle édition des Rencontres de la Gauche par la République en commun à Bram. La date est désormais connue, ce sera le samedi 19 septembre 2026. En 2025, de nombreuses personnalités nationales avaient fait le déplacement. Notamment Raphaël Gluckmann, Marine Tondelier ou encore Olivier Faure. Et pour l’édition 2026 ? À quelques mois de la présidentielle, la campagne sera largement entamée. Il y a à coup sûr les candidats officiellement déclarés à gauche qui seront présents. À l’exception de Jean-Luc Mélenchon, le leader de la France insoumise. Mais on devrait retrouver Raphaël Glucksmann et très probablement, la star du jour, l’ancien président de la République, François Hollande, qui ne cache plus beaucoup ses envies de retrouver l’Élysée…