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Publié il y a 1 an - Mise à jour le 02.12.2021 - marie-meunier - 2 min  - vu 543 fois

EXPRESSO Argilliers change de crèmerie, ses enfants doivent "crècher" ailleurs !

La commune d'Argilliers, qui compte un peu moins de 500 habitants, fait partie de la CCPG et veut rejoindre la CCPU. (Marie Meunier / Objectif Gard)

L'administration a ses règles, la vie ses exceptions. Mais à quel moment la deuxième prend-elle le pas sur la première ? En cas de dommage collatéral, par exemple ? C'est la question que pose Hélène (*), une maman d'Argilliers, qui se retrouvera sans crèche pour son fils au 1er janvier. Et elle n'y est pour rien. 

Hélène a tout fait dans les règles. Elle s'est pliée à l'administration, à ses délais et à son découpage territorial. Après un temps d'adaptation, son enfant de 19 mois a finalement pris ses marques dans la crèche de Vers-Pont-du-Gard qu'il côtoie depuis septembre 2020. "Je le vois, il se sent bien, court partout et rigole avec ses copains", commente Hélène. Mais au 31 décembre, son contrat avec la crèche de Vers prendra fin et ne se renouvellera pas. Son fils se trouvera "déraciné" de ses premiers repères. Et tout cela indépendamment de sa volonté, pour des raisons purement bureaucratiques.

Depuis des années, la commune d'Argilliers cherche à quitter le territoire de la CCPG (Communauté de communes du Pont du Gard) pour rejoindre celui de la CCPU (Communauté de communes Pays d'Uzès). Une décision motivée par la proximité de 6 km avec Uzès, qui constitue davantage le bassin de vie d'Argilliers, comme nous l'avait expliqué le maire, Laurent Boucarut. La bascule se fera le 1er janvier. Argilliers et ses habitants devront désormais se tourner vers les services offerts par la CCPU. Notamment les crèches...

Bien loin de ces soubresauts politiques, Hélène a reçu une lettre en recommandé de la CCPG le 29 octobre, lui indiquant que son enfant ne pourrait plus être accueilli à Vers. "J'ai pleuré en lisant le courrier", raconte-t-elle. Après deux jours de réflexion, elle et son conjoint renvoient un courrier demandant un délai supplémentaire et un peu d'humanité. Le pli restera sans réponse. Les coups de téléphone aussi. Les sollicitations du défenseur des droits tout pareil.

Aujourd'hui, il reste moins d'un mois à Hélène et son mari pour trouver une solution. On sait très bien que les places en crèche sont chères et se réservent des mois, voire des années à l'avance. Reste le recours à une nounou. Mais quoi qu'il advienne, l'enfant sera retiré de son établissement en milieu d'année.

Hélène et son conjoint sont les seuls concernés par cette bascule qui a le goût de "punition". Alors ne faut-il pas faire une dérogation pour aider une famille qui subit le changement ? Faut-il que la logique politique "prenne en otage" un enfant de 19 mois ? Faut-il indirectement que les citoyens "payent" une addition qui ne leur incombe pas ?

Contacté, le président de la CCPG, Pierre Prat reconnaît que cette "décision (est) extrêmement difficile à prendre compte-tenu du caractère émotionnel de la situation". Mais il rappelle, et cela s'entend, que "des enfants du territoire sont sur liste d’attente et par souci d’équité nous sommes parfois amenés à prendre des décisions difficiles."

Il assure que le service Petite enfance de la CCPG, en lien avec la CCPU, "travaille à l’accompagnement de cet enfant sur son nouveau territoire et une solution a été trouvée", en lui gardant une place à la crèche de Saint-Quentin-la-Poterie. Qui n'est toutefois pas vraiment pratique d'accès pour la maman...

Marie Meunier

(*) ce prénom a été modifié.

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