Il y a encore quelques mois, Nicolas Kremer n’aurait pas imaginé se retrouver à Saint-Gilles. Engagé dans la campagne des municipales à Nîmes, le collaborateur et ami de Julien Plantier espérait la victoire de la droite. Mais l'affaire était trop complexe. La division entre les deux héritiers de Jean-Paul Fournier, Franck Proust et Julien Plantier, trop mortifère. Au lendemain de la défaite, les collaborateurs ont été remerciés. Le jeu politique. Mais pour ce passionné de poker, la défaite n'a pas signé la fin de la partie.
D'abord, ce jeune papa a pu profiter pleinement de ses filles, Zoé, 4 ans, et Thelma, six mois, née en pleine campagne municipale. Les jours passent, les mois aussi. Et finalement, les cartes sont rebattues : « Un jour, Julien Plantier m’appelle. Il m’apprend que le maire de Saint-Gilles cherche un directeur de cabinet. J’ai tenté ma chance. » Eddy Valadier précise : « J’étais en recherche d’un nouveau collaborateur, ma directrice de cabinet précédente ayant été recrutée à la ville de Saint-Gilles comme directrice de l’urbanisme et des aménagements urbains. »
« Je me prends d’affection pour Saint-Gilles »
Dans le mundillo, Eddy Valadier fait office d’exemple pour plusieurs maires. De fantasme, même. Élu dans des conditions difficiles en 2014, avec une extrême droite incarnée par Gilbert Collard, l’enfant du pays a été réélu, dès le premier tour, en 2020 puis en 2026 avec des scores quasi soviétiques. « Je ne connaissais pas vraiment Eddy Valadier. En tant que collaborateur à la Ville, je n’avais aucun contact avec les maires de l’Agglo. J’en connaissais certains par ricochet de relations ou par réputation », raconte Nicolas Kremer.
Le profil du Nîmois est atypique. Un an plus tôt, le trentenaire décide de quitter son poste de chef d'édition à BFM TV, à Paris, pour revenir vivre avec sa famille dans le Sud. Ami avec Julien Plantier, ce dernier lui propose le poste de collaborateur du groupe de la majorité municipale. Sa fraîcheur et son indépendance vis-à-vis des partis politiques séduisent Eddy Valadier : « Il avait déjà l’expérience des relations entre un directeur de cabinet et les élus. Mais surtout, il a des réseaux à l’extérieur de la ville que je n’ai pas. En matière de communication, cela pouvait être quelque chose d’intéressant. »
Le Nîmois démarre en avril : « Je me prends d’affection pour cette ville », assure-t-il. Si Eddy Valadier fait de tels scores, c’est qu’au cours de cette dernière décennie, Saint-Gilles, 15 000 habitants, s’est métamorphosée. Rénovation du centre-ville, des halles Baltard, de l’abbatiale classée à l’Unesco, de la piscine, création d’une maison de santé… La liste est longue. Aussi bien à Nîmes Métropole qu’au Département ou à la Région, le maire de droite, politicien avisé, sait manœuvrer dans l’intérêt de son territoire. Et au-delà des stratégies, ce fonctionnaire qui, jadis, aidait les communes à monter leurs dossiers pour l’Agence de l’eau, est aussi un technicien habile.
« Un maire qui arrose les plantes, arrache les mauvaises herbes »
Le nouveau directeur de cabinet le reconnaît : « Eddy Valadier m’offre la possibilité de grandir à ses côtés. (...) L’idée est d’abord de l’accompagner le plus efficacement possible et aussi de faire connaître tout le travail réalisé par le maire et son équipe », poursuit-il. Dans ses tâches quotidiennes, Nicolas Kremer seconde l’édile au maximum : « Je traite les mails, les demandes des habitants… Je fais le lien avec l’ensemble des élus. Je suis les projets en m’assurant que l’arbitrage du maire est bien pris en compte. » Dans cette ville à taille humaine, Nicolas Kremer participe aussi à la mise en place des politiques publiques et autres projets.
Le couple maire-collaborateur est aussi une relation humaine : « Je suis impressionné. C’est un homme calme et réfléchi », sourit-il. Ce qui impressionne aussi le Nîmois, c’est « attachement viscéral » d’Eddy Valider à son territoire. Lui dont le père artisan maçon a été adjoint sous les mandatures de Girard et Gronchi : « Un jour, on marchait ensemble dans la ville. Il s’est arrêté pour arracher les mauvaises herbes dans la rue. L’autre jour, avant le conseil municipal, il s’est mis à arroser les plantes. Alors, je l’ai fait avec lui… » Conseiller départemental du canton éponyme, Eddy Valider, 59 ans, « a un vrai avenir », pense Nicolas Kremer. Reste à savoir jusqu'où cette nouvelle alliance mènera le Nîmois.
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