Publié il y a 58 min - Mise à jour le 22.05.2026 - François Desmeures - 4 min  - vu 75 fois

FAIT DU SOIR Chemin de Stevenson : les options bientôt sur la table

Jeannine Bourrely, propriétaire des parcelles où passe actuellement le sentier, en discussion avec des randonneurs

- François Desmeures

Après la polémique de l'automne et la crainte, pour la commune, de voir le chemin de Stevenson l'éviter, plusieurs options de parcours seront sur la table, début juin, au cours d'une réunion entre Département, commune, propriétaires riverains et associations. Il n'est pas question de recréer le sentier emporté par la crue de septembre 2020, ni de conserver le chemin sur le parcours actuel, alors que la convention de passage a été acceptée durant six ans par la propriétaire. Mais tous s'accordent sur la volonté que le chemin continue de passer par Saint-Jean-du-Gard. 

Jeannine Bourrely, propriétaire des parcelles où passe actuellement le sentier, en discussion avec des randonneurs • François Desmeures

Elle y a mis de la bonne volonté, elle a pris sur elle. Mais, six ans après avoir offert une solution provisoire, la coupe est pleine pour Jeannine Bourrely, propriétaire de la majeure partie des terrains sur lesquels le chemin de Stevenson a été dévié, à la suite de la crue de septembre 2020 qui a fait disparaître le tracé initial. Il fallait près d'un million d'euros pour le retrouver et le sécuriser, une somme trop élevée pour la volonté du Département du Gard. Jeannine Bourrely a donc autorisé le passage par chez elle, à partir du col Saint-Pierre.

Pour trois ans, puis pour six face à l'absence de solutions. "Jusqu'en mars 2027, précise Jeannine Bourrély. Régulièrement, depuis 2020, j'ai posé la question sur le chemin, mais rien ne bougeait. Donner une solution provisoire, oui. Mais elle était provisoire..." Entretemps, Jeannine Bourrely est devenue usufruitière des terres concernées "et, pour une nouvelle convention, il faudrait avoir l'accord de tous les propriétaires".

Si elle tient à ce que le chemin de Stevenson continue d'aboutir à Saint-Jean-du-Gard, elle s'énerve de voir le comportement de certains randonneurs, qui "bivouaquent ou font des feux sur le parcours". En face de chez elle, au hameau La Teule, Louis voit "entre 50 et 60 randonneurs par jour, qui viennent demander de l'eau". Problème : la vie de la maison repose sur un maigre forage et ne dispose pas d'adduction d'eau. Louis ne se voit pas pour autant refuser de l'eau aux mrcheurs. Mais, déjà avant, et a fortiori depuis le film Antoinette dans les Cévennes, le nombre de marcheurs est conséquent, entre 15 000 et 20 000 par an. Ce qui peut représenter un désagrément pour les riverains, mais aussi une manne pour la commune.

Le long du sentier provisoire, des panneaux rappellent la traversée de propriétés privées • François Desmeures

"Le chemin est le seul sentier au monde qui soit répertorié dans un livre !", insiste Jeannine Bourrely, pour montrer sa volonté de garder le joyau à Saint-Jean-du-Gard. Car il a aussi été prêté à la conseillère départementale du canton la volonté d'éviter Saint-Jean-du-Gard pour orienter rapidement le chemin vers Saint-Paul-la-Coste, en direction d'Alès. Justement la commune de la conseillère départementale, Isabelle Fardoux-Jouve. "Le chemin passera, quoi qu'il arrive, par Saint-Jean-du-Gard ; l'affolement général n'avait pas lieu d'être", contredit Isabelle Fardoux-Jouve, en annonçant une réunion début juin sur la question avec tous les partenaires.

Ce que confirme l'antenne gardoise de la fédération française de la randonnée, le comité départemental de la randonnée pédestre. "Lundi, on était encore sur le terrain avec le Département et l'agglo d'Alès, explique Maxime Clément, salarié de la fédération qui est en charge de l'homologation des GR et travaille avec le Département pour les chemins de son ressort. Plusieurs scénarios sont en cours d'étude, on essaie d'explorer toutes les hypothèses possibles de façon à trouver la meilleure solution pour arriver à Saint-Jean, ce qui est une priorité." Et la présidente du comité, Annick Delbos, d'abonder : "Tous les gens autour de la table ont toujours été d'accord pour faire aboutir le chemin à Saint-Jean."

Saint-Jean-du-Gard vu de l'actuel chemin de Stevenson • François Desmeures

D'ailleurs, "jusqu'en 2020, ce n'était pas satisfaisant du point de vue de la sécurité, rappelle Maxime Clément. Mais 2020 nous a donné une obligation. Ensuite, les conventions avec les propriétaires, il était très clair que c'était temporaire." Maxime Clément insiste aussi sur l'importance de la commune "en matière d'hébergement, il n'y aurait aucune autre solution." Et sur le fait que Saint-Jean-du-Gard est aussi sur le parcours du chemin Urbain V, qui relie Nasbinals à Avignon, et à deux pas du chemin "Sur les pas des Huguenots et des Vaudois", entre Aigues-Mortes et Mialet. Soit encore plus de randonneurs à loger et qui aiment se retrouver avec ceux du GR 70 de Stevenson.

Nouveau vice-président d'Alès Agglo, le maire de Saint-Jean-du-Gard, Pierre Aiguillon, devrait récupérer le tourisme dans ses attributions. Ce qui lui donne deux casquettes de poids dans la discussion à venir sur le choix du chemin. "Je n'ai pas eu d'indication sur le tracé que devrait proposer le Département, ils devaient faire des compléments d'information", explique Pierre Aiguillon. Les premières rumeurs évoquent un passage plus bas qu'actuellement, entre l'Affenadou à l'ouest et le quartier de l'Arbousse à l'est, qui subit actuellement le passage des randonneurs en son sein. "Ce sera une nouvelle proposition ajoutée au panel, précise Isabelle Fardoux-Jouve. Je suis déterminée à trouver une solution qui convienne à tout le monde. Après, si le maire ne veut pas de cette solution, on ne pourra pas tout recalculer." D'autant que la date butoir de mars 2027 reste dans les têtes. La pérennité du chemin doit être assurée avec la caducité de la convention.

Le Chemin de Stevenson actuel traverse tout le quartier d'Arbousse après être descendu du col Saint-Pierre • François Desmeures

"Ensuite, il faudra sans doute qu'on rencontre les propriétaires de terrains selon les options prises, se projette Pierre Aiguillon. Et s'il n'y a pas de possibilité d'accord, pas de convention, je pense que le Département sera obligé de faire une DUP" (déclaration d'utilité publique). Parmi les "4 ou 5 versions", Pierre Aiguillon n'en voit que deux crédibles actuellement, "qui passent par la rive gauche. En rive droite, c'est trop compliqué et il y a trop de dénivelé." La solution délirante consistant à laisser marcher les randonneurs au bord de la RD 906, une fois arrivés à Pied-de-Côte, a été abandonnée, soit en raison de sa dangerosité, soit parce que les travaux de sécurisation auraient coûté trop cher au Département. "La fédération n'aurait jamais donné son accord alors qu'il y avait une mise en danger, précise Maxime Clément. La décision définitive sera un parcours en toute sécurité pour les randonneurs." Pour ce qui est plus que jamais, et notamment depuis le film Antoinette dans les Cévennes, le sentier de grande itinérance le plus fréquenté du Gard.

Le premier projet, trop dangereux ou trop coûteux, prévoyait de marcher au bord de la RD906 entre Pied-de-Côte et Saint-Jean-du-Gard • François Desmeures

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