Au bord de la saturation. Jeudi 26 mars au matin, des professeurs des écoles, des parents d'élèves et membres de la FCPE (Fédération des conseils de parents d'élèves, ndlr), avaient bravé le mistral, pour faire entendre leurs droits et leurs revendications. Parmi la foule de manifestants pacifiques, Adrien Héritier, enseignant et membre du bureau SNUDI Force Ouvrière, a voulu faire passer un message : "Nous étions dans une zone prioritaire. Rien n'a changé. Nous n'avons pas les moyens de travailler", explique-t-il, désabusé par la situation. Sur les pancartes, les enseignants et AESH présentes, ne contenaient pas leur colère, en le notant noir sur blanc.
"Enseigner oui, subir non"
Des messages très explicites ont été lancés, pour témoigner de leur mal-être : "Enseigner oui, subir non", "On ne fait pas classe, on fait face", ou encore "On veut des remplaçant(e)s", étaient les slogans les plus marquants de leur mobilisation.
Un parent d'élève a souhaite raconté les difficultés rencontrées, dans l'éducation de leur enfant, scolarisé au groupe scolaire Jules Ferry : "Depuis janvier, ils ont école au compte goutte. La maîtresse était en congé maternité. Pendant trois semaines, ils n'ont pas eu école. Un remplaçant est resté seulement deux semaines. Il n'y a pas de pédagogie, pas de repères", déplore-t-il, lassé par la situation, obligé de lui faire cours à la maison comme il peut avec sa compagne.
Une grève reconduite et une occupation des locaux
Les enseignants étaient en première ligne pour exprimer leur désaccord face à la politique éducative menée : "On partage tout ce qui a été dit. Nous réclamons des professeurs supplémentaires", ont-t-elles appuyé. Parmi les autres demandes formulées, l'équipe pédagogique de l'établissement scolaire bagnolais, exige "le maintien de la totalité des postes sur l'école et des créations de postes, pour mettre en place le dédoublement du groupe scolaire", mais aussi "une équipe RASED au complet et stable (Les Réseaux d'Aides Spécialisées aux Élèves en Difficultés, ndlr).
La situation sur place s'est aggravée récemment. Le point culminant des tensions : l'agression d'une professeure des écoles. "Là où la violence enferme, l'école doit ouvrir des portes", a clamé une représente syndicale. La grève a été reconduite vendredi matin, avec une action forte : un blocage de l’école élémentaire par les parents d’élèves, avant l'occupation des locaux.
Recrutement d'AESH : "Une priorité pour les services académiques du Gard"
Le rectorat de Montpellier a souhaité réagir et a voulu éclaircir certains points : "Les services académiques sont mobilisés pour garantir la continuité des apprentissages au sein de l’école Jules Ferry : depuis le début de l’année scolaire, les 3/4 des demandes de suppléance ont été satisfaites et des solutions sont systématiquement apportées. Les absences de longue durée (supérieures à 15 jours) font l’objet d’une attention toute particulière. Ainsi, l’absence de l'enseignante de CE2 qui court jusqu’au 17 avril, est couverte au-delà de 90 %. Pour les absences de très courte durée (1 ou 2 jours) ne pouvant faire l’objet d’un remplacement immédiat, les élèves sont répartis dans les différentes classes de l'école afin de garantir la continuité éducative", ont-ils commenté. Tout en confirmant que "le recrutement d’Accompagnants des Élèves en Situation de Handicap (AESH) est une priorité pour les services académiques du Gard".
"Des mesures de sécurisation supplémentaires"
Enfin, un message de soutien a été transmis, envers l'enseignante agressée physiquement : "Le rectorat de l’académie de Montpellier rappelle que la violence n’a aucunement sa place à l’école. A la suite de comportements inacceptables survenus à l’encontre des enseignants, plusieurs mesures de sécurisation et d'accompagnement de l’équipe éducative ont été déployées. L’enseignante victime d’une agression verbale a été immédiatement reçue par l’inspecteur de l’éducation nationale (IEN) de la circonscription. Une plainte a par ailleurs été déposée. L’Équipe Mobile Académique de Sécurité (EMAS) suit la situation de près pour renforcer la sécurité au sein de l’école. L’accompagnement des enseignants est également au cœur des préoccupations des services académiques : le Pôle d'Appui à la Scolarité (PAS) a été sollicité pour apporter un appui technique. Les conseillères pédagogiques restent également mobilisées pour soutenir l'équipe enseignante sur le plan professionnel".
D'autres grèves et mobilisations sont prévues le 31 mars au matin, notamment à l'école élémentaire de Saint-Julien-de-Peyrolas. Des enseignants et parents d'élèves, exprimeront leur désaccord, face à la révision de la carte scolaire.