Publié il y a 1 h - Mise à jour le 15.04.2026 - Corentin Dimanche - 3 min  - vu 401 fois

ALÈS Le Carrefour quai du Mas d'Hours passe en location-gérance

Cora Carrefour Alès

Dans moins de deux semaines, les lettres historiques de Cora n'existeront plus

- Sacha Virga

Dans le cadre d'un plan national du groupe Carrefour impliquant 44 magasins cette année, l'hypermarché alésien, anciennement Cora, quai du mas d'Hours, passera en location-gérance. Un changement de statut qui vise à préserver la viabilité économique du magasin, mais bien souvent au détriment des salariés, de leurs salaires, avantages et conditions de travail.

"Ce sont plus de 3 500 salariés (3 204 équivalents temps plein) qui vont perdre leurs accords d’entreprise et, en moyenne, deux mois de rémunération par an." Le constat et l'alerte, donnés par la CFDT, sont sévères, mais anticipent une réelle problématique pour 44 magasins Carrefour en France, dont celui d'Alès, quai du mas d'Hours. Ce dernier est concerné par la neuvième vague de passage en location-gérance (voir plus bas) décidée par le groupe Carrefour en 2026. Trente-six supermarchés et huit hypermarchés, auxquels s’ajouteront sept autres dans quelques semaines, sont concernés, dont six ex-Cora et trois ex-Casino.

Pour mémoire, le magasin d'Alès avait ouvert en 1978 sous le nom ‘Radar Géant’, racheté six ans plus tard par le groupe Cora. Il est devenu Carrefour le 20 novembre 2024 et emploie aujourd'hui 250 salariés sur 10 000 m².

Qu'est-ce que la location-gérance ?

La location-gérance est un système qui voit un entrepreneur indépendant (le locataire-gérant) prendre en charge l’exploitation du magasin et assumer la majorité des coûts d’exploitation et de gestion, tandis que Carrefour perçoit une redevance pour l’utilisation de sa marque et de son enseigne. Ce modèle permet de sauver des magasins déficitaires en leur offrant une gestion plus agile et de proximité, mais au détriment des salariés. Ceux-ci perdent leur statut de salarié Carrefour et passent sous la responsabilité du locataire-gérant. Ils perdent généralement les avantages liés aux accords d’entreprise Carrefour et dénoncent souvent une dégradation des conditions de travail et une précarisation des emplois.

Depuis sa mise en place en 2018, 388 magasins (103 hypermarchés et 285 supermarchés) ont été cédés à des repreneurs, représentant plus de 30 500 salariés, à travers huit vagues, une par an. Aucun hypermarché Carrefour n’a fermé en France grâce à ce dispositif.

Cora Carrefour Alès
"Gros volumes = petits prix" continuera chez Carrefour Alès • Sacha Virga

Dès le changement d’enseigne en 2024, les salariés alésiens dénonçaient une inégalité de traitement avec les employés du groupe Carrefour et craignaient une possible franchise à terme. À l’origine de leur colère : le maintien des salariés dans une entité juridiquement distincte du groupe Carrefour France Hypermarché, avec l’absence de certains avantages : la remise de 12 % sur le carburant, le 14ᵉ mois basé sur l’ancienneté, une couverture plus favorable en cas de maladie, ainsi qu’"une différence de 2 100 à 3 400 euros nets par an, primes incluses, pour un salarié à temps plein de niveau 2B entre Cora et Carrefour", expliquait la CGT.

Aujourd'hui, la CFDT dénonce "la politique du groupe, qui constitue en réalité un plan de restructuration déguisé, destiné à réduire les frais de personnel et à remettre en cause les accords d’entreprise. La direction du groupe a arraché in extremis à deux organisations syndicales, la semaine dernière, un accord national visant à interdire les expertises par les CSE des magasins concernés. Ceci dans le but d’accélérer le transfert des contrats de travail. La CFDT contestera cet accord devant les tribunaux. Pour rappel, le groupe Carrefour est également sous le coup d’une plainte du ministère de l’Économie, qui s’est joint à l’assignation de l’association des franchisés Carrefour. Celui-ci réclame une amende de 200 millions d’euros contre le distributeur pour la gestion de son réseau de franchise."

La CFDT, qui a attaqué Carrefour en justice, a fait appel après une première défaite en novembre. Cyrille Lechevestrier, délégué syndical central Cora France, fustige, lui "un coup de massue et un Plan de sauvegarde de l'emploi (anciennement plan social, NDLR) déguisé". En face, Carrefour affirme avoir "renégocié une clause sociale" qui "s'impose au repreneur sans limitation de durée" pour "améliorer les garanties sociales des salariés concernés".

Il y a cinq ans, le Carrefour Nîmes-Étoile passait déjà en location-gérance.

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