Il y a quelques semaines, MOPA, l’école d’animation arlésienne, était propulsée sous les projecteurs grâce à un phénomène planétaire : le loup d’Intermarché, la publicité française visionnée plus d’un milliard de fois. Dix de ses anciens élèves (via le studio montpelliérain Illogic Studios) avaient contribué à ce succès, prouvant une fois de plus l’excellence de la formation arlésienne, école d'animation la plus médaillée au monde.
Aujourd’hui, c’est une nouvelle consécration pour MOPA : trois de ses courts-métrages - The Green Bird, After the Rain et Après Papy - viennent d’être sélectionnés par Disney+, offrant à MOPA une vitrine mondiale sur l’une des plateformes les plus influentes au monde. Réalisés par des étudiants de 5ᵉ année des promotions 2017, 2018 et 2023, ces trois films marquent une étape aussi inédite que majeure pour MOPA. "C’est assez exceptionnel qu’une école ait trois courts-métrages diffusés simultanément sur Disney+", se réjouit le directeur Yoni Arena. "Les plateformes comme Disney+ intègrent parfois des films étudiants, notamment ceux des grandes écoles comme les Gobelins ou d'autres, mais c'est rare. Et c'est encore plus rare qu'il y en ait trois de la même école." En diffusant ces réalisations estampillées MOPA, "Disney reconnaît ici la même exigence éditoriale que pour ses propres productions." Une véritable fierté pour les élèves comme pour les équipes.
Cette triple sélection n’est évidemment pas le fruit du hasard. Elle témoigne de la qualité narrative et technique de la formation arlésienne, laquelle mise sur l’art du storytelling. "C'est la pâte MOPA", précise Yoni Arena. "L'objectif de l'école repose tout autant sur l'écriture et le storytelling que sur la technique. Ici, nous formons des 'accoucheurs d'idées', c'est-à-dire des créateurs capables de raconter des histoires, avec une sensibilité aussi forte pour l'originalité narrative que pour la maîtrise technique."
Dylan Sisson (Pixar), président du jury de fin d’études de MOPA l’année dernière, l’a bien compris. "Il a été surpris", raconte Yoni Arena. "Il nous a dit : 'Chaque film ne se ressemble pas"." Pourquoi ? "Parce que chaque création de MOPA porte une sensibilité forte et une manière totalement différente et originale de raconter une histoire, qui est elle-même très originale." Ces films ne se limitent pas à la technique ou aux effets spéciaux. "Ils mettent aussi l’accent sur l’art du storytelling." Et c’est précisément ce qui leur vaut une telle reconnaissance : "Ils racontent quelque chose de nouveau, et d’une façon qui touche les gens."
Dans un secteur où l’intelligence artificielle gagne du terrain, MOPA se démarque aussi par un choix audacieux : privilégier les fondamentaux et un savoir-faire traditionnel. "Nous n’intégrons pas d'outils d'intelligence artificielle dans notre apprentissage. On laisse l'IA s'imposer dans les logiciels parce qu'on ne peut pas faire autrement et on doit s'y adapter. Mais par contre, on ne veut pas que des scénarios soient écrits par ChatGPT ou que des concept art soient faits avec Midjourney ou d'autres outils", insiste le directeur de l'école. Ici, les étudiants apprennent d’abord à écrire, à concevoir, à créer avec leurs propres mains et leur imagination. L’IA peut être un outil, mais elle ne doit pas remplacer le processus créatif. Cette philosophie a d’ailleurs joué un rôle clé dans le succès de la pub Intermarché. "Cette création à laquelle une dizaine d'anciens élèves de MOPA a participé est vraiment dans la direction de ce qu'ils ont appris ici. Cette pub a quand même dégagé des grands noms comme Coca-Cola ou McDonald's qui ont fait des pubs par IA ! Et ça a marqué les esprits !"