Publié il y a 1 h - Mise à jour le 18.03.2026 - Julia Razil - 5 min  - vu 126 fois

ARLES Nicolas Koukas : "Tourner définitivement la page du système de Carolis"

Nicolas Koukas, hier, à Barriol.

- JRZ

Nicolas Koukas, tête de liste de "L’Union pour Arles", a terminé deuxième au premier tour avec 25 % des voix, à neuf points du maire sortant. À quelques jours d'un second tour à la configuration inédite -- Arles votera pour la première fois en quadrangulaire -- Nicolas Koukas est confiant et affiche un objectif clair : "tourner définitivement la page du système de Carolis".

Objectif Gard & Arles : Hier, mardi, Serge Meyssonnier, ancien élu de Patrick de Carolis et figure d'Arles, vous a officiellement apporté son soutien. Qu'est-ce que cela signifie pour votre campagne ? 

Nicolas Koukas : Serge Meyssonnier a pris une position courageuse, d’autant plus qu’il n’est pas de gauche : c’est un gaulliste, un terme qu’il comprend à l'évidence mieux que d’autres. Serge a été humilié par le maire un an après son élection. Il mérite le respect mais c'est une notion que Patrick de Carolis semble ignorer. Les Arlésiens veulent élire un maire qui les respecte, et non quelqu’un qui promet de tout révolutionner en un an ou deux.

Europe Écologie Les Verts (EELV) ont fait savoir également hier qu'ils vous soutenaient...

Entre l’extrême droite et Macron, il n'y avait pas d'inquiétudes. Mais il était important qu’ils l’affichent clairement, car les enjeux écologiques à Arles sont majeurs : montée des eaux, sécheresse, THT, contournement autoroutier, etc. L’écologie ne doit pas être confinée à une seule délégation. Tous les élus, dans leurs domaines respectifs, devront intégrer la transition écologique. Je salue le courage d’EELV et des écologistes d’appeler à voter pour notre liste, L’Union pour Arles. Jecilla Regad, qui a fait une très belle campagne, n'a pas donné de consigne de vote, ça n'a plus de sens de toute façon, mais elle a été claire. Le soir du premier tour, elle a dit : "les Arlésiens savent très bien qui est l'adversaire". Tous ces soutiens, ces prises de position marquent une volonté commune de tourner définitivement la page du système de Carolis.

Dimanche soir, le maire sortant a appelé Jean-Michel Jalabert à se retirer, mais ce dernier a choisi de se maintenir. Comptez-vous sur le "vote utile" de ceux qui ont voté pour l'ex-premier adjoint au premier tour ?

Au premier tour, les électeurs choisissent ; au second, ils éliminent. Aujourd’hui, la vraie question pour les Arlésiens est claire : veut-on poursuivre avec le système de Carolis, ou tourner définitivement la page ? Je ne crois pas aux consignes de vote, mais à l’intelligence des électeurs. Les Arlésiens veulent-ils vraiment d'un maire qui ne veut pas de familles pauvres en centre-ville, comme il l'a dit lors du débat sur France 3 ? Faut-il laisser le fauteuil à Mandy Graillon dans quelques mois, ou mettre fin à un système clientéliste qui a déjà montré ses limites ? Veut-on d'un maire qui est arrivé avec des problèmes judiciaires et qui risque de repartir avec d’autres ?

C'est-à-dire ?

J’ai découvert récemment dans L’Arlésienne un article qui m’a profondément choqué. Je reste prudent et je parle au conditionnel, car je ne connais pas tous les détails de l’affaire, mais si les faits de corruption étaient avérés (le propriétaire du Grand Café Malarte a porté plainte contre Patrick de Carolis pour corruption, Ndlr), ce serait un véritable séisme pour la démocratie arlésienne. Quand des colistiers de Patrick de Carolis tiennent des propos comme "on va racketter la ville", il s’agit de personnes qui pourraient devenir adjoints, avec des responsabilités ! C’est grave ! Ces derniers jours, partout où je me rends, une question revient sans cesse : "Va-t-il diriger avec des élus qui lui crachent à la figure ?

"Je veux une ville juste et apaisée"

Et si, par malheur, il était réélu, allons-nous revivre le scénario des démissions en série ? Moi, je veux une ville juste, parce que la justice a manqué ces six dernières années, et apaisée, parce que Patrick de Carolis a atomisé le vivre-ensemble arlésien.

Comment jugez-vous le fait que Patrick de Carolis appelle à faire "barrage à l’extrême gauche et au communisme", sans jamais mentionner l’extrême droite ?

J’ai vécu ses propos comme une insulte totale. Patrick de Carolis ignore délibérément l’histoire : ces résistants communistes ont dit "non" à Vichy, ils ont incarné la dignité d’Arles bien avant son retour. C’est un crachat envers tout un peuple, envers des familles arlésiennes dont certains ont même leur nom sur des plaques de rues, après s’être battus contre Pétain puis contre les Allemands. Il ferait bien de relire L’Encyclopédie d’Arles de Jean-Maurice Rouquette (il fut le conservateur des musées d'Arles de 1956 à 1955, Ndlr) pour comprendre ce qu’il insulte.

D’autant plus qu’en 2015, quand j'ai affronté le FN au second tour des départementales, il avait été le premier à m’appeler pour me soutenir. Alors, que s’est-il passé dans sa tête en 10 ans pour qu’aujourd’hui, il ne dise plus un mot sur l’extrême droite ? Il s’attaque à une liste composée de trois communistes et de 80 % de personnes issues de la société civile, et il ose insulter des générations entières d'Arlésiens. Plutôt que de jouer sur la forme, il devrait enfin aborder le fond. Ces attaques sont dépassées, irrespectueuses envers les électeurs, et trahissent sa panique. Il s’accroche désespérément au pouvoir, retranché dans sa tour d’ivoire.

Quel bilan tirez-vous des résultats du premier tour ? 

Ces résultats reflètent parfaitement ceux des dernières législatives : on assiste à une explosion de l’échiquier politique. Pour la première fois à Arles, nous avons une quadrangulaire, une configuration inédite, comme une mini-Assemblée nationale. Derrière cette fragmentation se pose aussi la question cruciale de la présidence de l’ACCM. Si Tarascon bascule au RN, tout pourrait se jouer à deux ou trois voix près, ouvrant la porte à une présidence RN de la communauté d’agglomération. Et cela, bien sûr, aurait des conséquences directes sur le quotidien des Arlésiens.

Comment abordez-vous la campagne de ce second tour ? 

L’analyse, à la fois arithmétique et politique, est claire : ce sera très serré, quel que soit le vainqueur. La venue de Sébastien Chenu à Arles n’est pas un hasard. Le RN a progressé, et Rémy Benson peut encore mobiliser davantage au second tour. Nous avons identifié où sont nos réserves de voix, dans les quartiers prioritaires notamment mais aussi aux Alyscamps, à Monplaisir, à Voltaire. C’est là que se trouvent les réserves de voix, et nous devons les convaincre. Nous faisons un gros travail pour mobiliser les abstentionnistes. 

D'ailleurs, à quoi attribuez-vous la forte abstention au premier tour ? 

Cette faible participation s’explique en partie par un sentiment de trahison après les dernières législatives. La défiance grandit. C’est d’autant plus préoccupant que les municipales, élections les plus proches des réalités quotidiennes, devraient mobiliser davantage. Quand on promet, comme l’a fait Patrick de Carolis il y a six ans, et qu’il n’y a rien derrière, les gens finissent par ne plus y croire. Aujourd’hui, j’en appelle à la responsabilité des électeurs : veulent-ils continuer avec ce système clientéliste et cette équipe déconnectée ou tourner la page pour une démocratie locale apaisée et représentative ? La question c'est : stop ou encore ? 

Nicolas Koukas sera en meeting ce jeudi 19 mars, à 19h, au gymnase Fournier.

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