Objectif Gard : Quels enseignements tirez-vous des projections chiffrées publiées par France Travail pour l’année 2026 ?
Valérie Issert : il y a eu 22 730 projets de recrutements qui ont été exprimés. En moyenne, il a souvent 20 % de plus de recrutements par rapport aux chiffres des intentions. Le plus marquant est le taux de difficulté exprimé par les entreprises. Depuis trois ans, ce taux baisse et dans le Gard, il a baissé de 12% pour être à 35 %. On a tous bougé et ensemble on a trouvé les bons leviers pour faire en sorte que les recrutements soient le moins difficiles possible.
Comment cette enquête a-t-elle été réalisée ?
Le but est de projeter les intentions d’embauche ou les difficultés que les entreprises ont exprimées. En fonction des résultats, l’enquête est diffusée jusqu’au bassin d’emploi. Ce n’est pas France Travail mais un organisme indépendant qui a été chargé de réaliser cette enquête. Il y a 20 000 établissements qui ont été sollicités et environ 5 000 ont répondu. C’est un bon taux de réponse pour une enquête fiable. Cela fait plus de vingt ans que cela existe.
Le Gard compte combien de demandeurs d'emploi ?
On a une demande d’emploi de catégorie A, c’est-à-dire les personnes qui ne travaillent pas du tout, de 45 000 personnes et 77 000 toutes catégories confondues. Ce chiffre a légèrement augmenté cette année car la loi plein emploi, mise en place depuis le 1ᵉʳ janvier 2025, fait que toutes les personnes sont inscrites à France Travail, y compris les jeunes qui sont dans des missions locales et tous les bénéficiaires du RSA. C’est un effet mécanique de l’installation de cette loi.
Quels sont les secteurs les plus à la recherche de main-d’œuvre ?
Les secteurs des services à la personne, aux entreprises et de la restauration. C’est à peu près la même tendance que l’année dernière, à la différence que le service aux particuliers est plus important. Ensuite, il y a l’agriculture, dont est inclus l’agroalimentaire, enfin, il y a la construction et le commerce.
Votre devise est « Recruter autrement », pouvez-vous nous l’expliquer ?
Les méthodes classiques de recrutement ne sont plus ou moins adaptées au marché d’aujourd’hui. Recruter différemment, c’est allier le recrutement avec le sport et se retrouver sur un terrain de football, de rugby ou de handball. Cela veut aussi dire sortie de l’agence France Travail et du site internet, être dans un lieu différent et surtout ne pas savoir qui est l’employeur et qui est le demandeur d’emploi. On fait un jeu ensemble et on se découvre ensuite. Cela crée une autre approche.
Le manque de formation reste-t-il un frein pour retrouver un emploi ?
Il n’est jamais trop tard et 50 % des personnes qui sont inscrites à France Travail retrouvent un emploi dans un secteur qui est différent de celui qui était le leur au moment de l’inscription. On a un transfert de compétence très important. Un boucher peut devenir monteur. On teste des habiletés.
Quel est l’impact de « la préparation opérationnelle à l'emploi », qui est une aide au financement d’une formation avant embauche ?
Dans le Gard, en 2025, on en a fait plus de 1 300 et quand on mesure son impact, on est à un taux de retour à l’emploi qui est de 86 %. Il faut faire redécouvrir les métiers, c'est ce que permettent les immersions en entreprise, on en a fait plus de 3 500 dans le Gard l’année dernière, pour 70 % ça s’est conclu par un retour à l’emploi.