« Je vais vous enculer, vous allez en avoir des points de suture. » Cette phrase glaçante a été prononcée par Benoît lors de son interpellation, le 11 avril dernier, sur la commune d’Uzès. Insultes et menaces, le prévenu du jour, fortement alcoolisé a fait vivre un très mauvais moment à deux gendarmes, constitués partie civile dans ce dossier. Un homme et une femme ont donc vécu une intervention très difficile, tant Benoît s’est rebellé au cours de son interpellation. Malheureusement, il ne s’est pas arrêté aux mots. Toujours aussi véhément, il a passé sa main entre les cuisses de la militaire, avant de lui frôler le sexe. « Tout était annoncé, lance le procureur de la République. Il n’a fait que joindre le geste à la parole », ajoute-t-il ironiquement.
Placé sous contrôle judiciaire après les faits, l’homme de 45 ans est atteint de bipolarité. L’altération du discernement de ce prévenu a été soulignée par l’expert en charge de son examen psychologique. « J’ai envie de croire qu’il n’a pas fait exprès », lance l’avocat du prévenu, maître Oliviennes, venu du barreau de Paris. « L’uniforme ne rend pas celui qui le porte imperméable à la violence », soutient maître Bonnell, également avocate au barreau de Paris. Ses clients, les deux gendarmes installés sur le banc des parties civiles, portent encore sur le visage les stigmates de cette intervention moralement éprouvante. Sourcils froncés et regard vers le sol, ils revivent la violence de cette interpellation qui a tourné au vinaigre. « Il parlait plutôt d’enculer monsieur », lance l’avocat de la défense pour contredire toute idée de menaces mises à exécution par son client, dans les propos outrageants qui ont pu sortir de sa bouche.
« Le jour des faits, il n’est pas lui-même »
Poursuivi pour outrage à personne dépositaire de l’autorité publique et agression sexuelle en étant en état d’ivresse manifeste, le prévenu, calme sur le banc, soutient ne pas avoir de souvenirs des faits. « Les faits sont trop graves », dit le représentant du ministère public avant de requérir deux ans d’emprisonnement à l’égard de Benoît, dont une année assortie d’un sursis probatoire. Concernant la peine ferme, il évoque ne pas être opposé à un placement sous surveillance électronique. « Le jour des faits, il n’est pas lui-même », tente maître Oliviennes, s’appuyant sur l’état d’alcoolémie avancé de son client et sur sa maladie psychiatrique. Des mots qui semblent en partie avoir touché le tribunal, qui l’a condamné à une peine d’un an de sursis probatoire avec l’obligation de se soigner, de payer les sommes dues au trésor public et à indemniser les victimes.
Le prévenu a donc été condamné pour le tout. Seule l'agression sexuelle en état d'ivresse a été requalifiée en agression sexuelle seule. Malgré une demande d'exclusion faite en ce sens par son conseil, la peine prononcée sera inscrite sur le bulletin n°2 de son casier judiciaire. Toutefois, Benoît n’est pas inscrit sur le Fijais (Fichier des délinquants sexuels). « Il va falloir vous tenir à carreau monsieur », conclut le président, son regard rivé sur celui du prévenu.