Ce sont les caméras de surveillance de la commune de Pont-Saint-Esprit qui ont mis au jour cette affaire étrange. Ces dernières ont capté plusieurs scènes de violences entre deux individus en présence d’un bébé, en pleine rue. Dans l’une d’elles, deux gifles sont assénées par un homme à sa femme et la poussette de l’enfant est renversée. Pour ces faits, l’homme comparait devant le tribunal correctionnel de Nîmes. Habitant la Roumanie, le couple est alors en vacances chez le père de la compagne. Ensemble depuis 3 ans, ils forment une famille avec un enfant né en 2025.
« Je ne savais pas qu’en France, c’était un délit », lance le prévenu, qui semble étonné de se retrouver face à une juridiction. Non pas que la violence ne soit tolérée dans quelconque autre pays d’Europe. Assisté d’une interprète, l’homme d’une vingtaine d’années s’est expliqué sur cet accès de violence : « On jouait. » Une tentative d’explication qui n’a pas convaincu le tribunal, mais qui semble avoir résonné chez sa conjointe. « Oui, on jouait », lance-t-elle depuis le banc des parties civiles. « Il m’a pas frappé, on était en train de jouer. » Assis à ses côtés, le père de la jeune femme a confirmé ces dires. Il s’est malgré tout constitué partie civile pour représenter sa fille, compte tenu de la minorité de l’adolescente.
« Pour nous, c’est comme un jeu, ce n’est rien de grave », explique le père de la victime, qui semble plus défendre son gendre que son propre enfant. « Là, il n’y a pas eu d’amusement, mais des violences », dit le ministère public. Parce qu’une culture n’excuse pas les coups, le tribunal a déclaré le jeune homme comme étant coupable des violences effectuées sur sa compagne en présence de leur enfant commun. L’homme a donc été condamné à 6 mois d’emprisonnement avec sursis, tenant ainsi compte de l’absence de mentions sur le casier judiciaire du jeune homme de 18 ans. Une peine d’avertissement qui permet de mettre fin au prétendu « jeu » entretenu entre ces deux prévenus, dans une affaire qui, selon maître Isabelle Viremouneix, « pour eux n’en est pas une ».