Gérald Darmanin, garde des Sceaux, tient parole… à géométrie variable. Dans le cadre du renforcement de la justice, il vient de confirmer sa volonté de respecter les engagements de la loi d’orientation et de programmation du ministère de la Justice 2023-2027. Celle-ci prévoit le recrutement historique de 1 500 magistrats supplémentaires, 1 800 greffiers et 1 100 attachés de justice. Dès septembre, 441 nouveaux postes seront ainsi ouverts aux jeunes magistrats issus de la promotion 2024 de l’École nationale de la magistrature. Dans les prochaines semaines, ces nouveaux magistrats rejoindront les 36 cours d’appel et les 164 tribunaux judiciaires du pays afin d’améliorer le traitement des affaires. L’ambition affichée est claire : raccourcir les délais de jugement et renforcer la prise en charge des justiciables comme des victimes sur l’ensemble du territoire. La cour d’appel de Nîmes bénéficiera de ces renforts sur tout son ressort, notamment auprès du premier président et du procureur général, mais aussi dans les tribunaux judiciaires d’Avignon, de Carpentras et de Mende. Ces arrivées s’inscrivent dans une dynamique plus large : les promotions de l’École nationale de la magistrature atteignent désormais des niveaux inédits. En 2025, le nombre d’inscrits aux concours de l’ENM a atteint un record historique avec 3 894 candidats. Mais sur un autre volet, le ministre de la Justice a choisi de reculer : celui du plaider-coupable criminel. Après les mouvements de grève organisés partout en France, Gérald Darmanin a entendu les inquiétudes des avocats. Il propose dorénavant d’adapter sa réforme en excluant du dispositif les crimes sexuels ainsi que les crimes relevant de la cour d’assises. Le projet de loi sur la justice criminelle ne concernerait donc plus que les coups mortels et les braquages, des crimes aujourd’hui jugés par les cours criminelles départementales. En réduisant ainsi le périmètre de sa réforme, le garde des Sceaux en vide largement la substance. Pourtant, cette réforme répondait à une urgence bien réelle. Sous l’effet de l’explosion des affaires criminelles sexuelles et de celles liées au narcotrafic, les délais judiciaires sont devenus vertigineux : il faut désormais, en moyenne, six ans pour obtenir une audience dans une affaire de viol et huit ans pour un homicide en première instance. Pas certain que l’arrivée de quelques centaines de magistrats suffise, à elle seule, à résorber de tels retards.
Publié il y a 1 h -
Mise à jour le 18.05.2026 - Abdel Samari - 2 min
ÉDITORIAL Justice : Darmanin recrute d’une main, recule de l’autre
Gérald Darmanin, ministre de la Justice, sur le perron de l’Élysée.
- Photo MaxPPPMalgré l’arrivée historique de nouveaux magistrats, le garde des Sceaux vide de sa substance sa réforme du plaider-coupable criminel, pourtant pensée pour répondre à l’explosion des délais judiciaires.
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Abdel Samari