Politique

MUNICIPALES À Nîmes, Stéphane Gilli : « La corrida est une aberration »

Le candidat aux municipales à Nîmes Stéphane Gilli (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

Pour la première fois, le Club de la presse et de la communication de Nîmes et du Gard organisait ce lundi matin une série d’interview des candidats aux municipales nîmoises.

Tous les médias locaux étaient présents pour « une conférence de presse inversée », comme la qualifiera le président du Club, Guillaume Mollaret, avec les questions de l’ensemble de la presse gardoise ainsi qu’une question posée par un autre candidat. La matinée a vu défiler cinq candidats sur les sept en lice, le maire sortant Jean-Paul Fournier ayant fait le choix de décliner l’invitation, et David Tebib ayant un impératif d’ordre familial.

Place à Stéphane Gilli, candidat du Parti animaliste.

Au-delà de la cause animale autour de laquelle vous faites cause commune, connaissez-vous les opinions politiques de vos colistiers ?

Oui, parce que nous avons des personnes qui viennent des Verts, d’En marche, des Insoumis. On a divers profils, un melting-pot d’idées qui se rassemble autour d’une idée commune, la protection animale, de l’environnement. Ça n’appartient pas à une politique de Droite ou de Gauche. On subit tous les mêmes aléas.

Lors d’un débat organisé par les zones d’activités nîmoises, votre colistier Jean-Marc Philibert a émis l’idée de créer un système de transport en commun avec des chevaux. Est-ce ça respecter le bien-être animal pour votre parti ?

Il devait sortir d’une soirée arrosée. On n’en a jamais parlé ensemble. Je ne sais pas d’où vous tirez-ça. Il est revenu à la raison. Mes colistiers, je ne les maîtrise pas tous.

Vous vous présentez aux municipales tout en disant que vous ne voulez pas gérer la ville. Vos seules propositions sont la suppression de la corrida et la défense des animaux. Vous vous êtes trompé d’élection, non ?

Au contraire, ma candidature a toute sa légitimité. Pour moi la corrida est une aberration. Économiquement ça n’a pas de sens. C’est une cruauté. La feria ça a un sens, ce n’est pas la corrida qui fait la valorisation de notre feria. On peut mettre les Jeux romains, on pourrait les prolonger. D’ailleurs, je n’ai pas pu y aller, c’était complet. Si la corrida permettait à la ville d’être riche, Nîmes le serait, Arles aussi, ce n’est pas le cas. Économiquement ça n’a pas de sens.

Vous proposez la gratuité des transports en commun pour les animaux. Est-ce uniquement pour ceux qui sont accompagnés ?

C’est un programme national. Ce qu’on veut c’est que les animaux puissent prendre le transport avec son propriétaire qui doit payer. Il faut que les animaux soient muselés ou en cage. Nous prônons de plus en plus de transport en commun. Il faut que les personnes qui veulent circuler avec des animaux puissent le faire.

Quelles sont vos propositions en matière de politique de quartier par exemple ?

Il y en a plusieurs. Je suis inquiet pour Nîmes. Je l’adore cette ville. On a un réchauffement climatique très important qui arrive à grande vitesse. Certains jours atteindront un niveau létal. Je suis inquiet pour les quartiers défavorisés. Ils n’ont pas les moyens de s’acheter une clim. J’en ai une. Je monterai un peu plus la clim, je peux le faire. Mais ce n’est pas rationnel. Je préconise pour les quartiers de construire des grandes centrales solaires coopératives, pour une énergie décarbonnée, moins chère. Il faut repeindre les bâtiments en blanc. On peut gagner 7 à 8 degrés, même 10 degrés. Il faut végétaliser les quartiers. Il faut des jardins communautaires, c’est aussi du partage et du pouvoir d’achat. Protégeons-nous tous du réchauffement climatique.

Vous les mettez où les centrales photovoltaïques ?

On y a réfléchi, ce n’est pas sorti de mon imagination. Il y a la gare de triage de Courbessac. On réfléchit avec les gens de la SNCF à couvrir cette partie et installer sur les toitures les panneaux. La loi permet de le faire. À ce jour, c’est réservé aux plus riches. On pourrait en faire bénéficier ceux qui en ont le plus besoin.

Un sondage vous crédite de moins de 1 % des voix au premier tour. Appellerez-vous à voter pour un candidat au second tour ? Par exemple pour le candidat écologiste Daniel Richard ?

Je pense qu’on va faire plus. 1 % ce serait une déception. La voix des animaux ne fait pas partie des listes des autres. Si on n’y va pas, personne n’y va. On aime les chats et les chiens, mais il y a tout le reste, alors aujourd’hui très sincèrement ça va être difficile. Ce qui est important pour nous c’est d’avoir une délégation. Il y a peu de chances que je sois maire, mais nous souhaiterions demander une délégation.

Question posée par le candidat Yvan Lachaud : « Comptez-vous soutenir les filières locales de l’élevage, et plus particulièrement celles de l’élevage taurin ? »

Je ne compte pas les soutenir. Nous sommes contre la corrida espagnole. Nous ne soutiendrons pas les autres types d’élevages qui ont vocation à faire de la viande. La vérité elle est là. On veut lutter contre la consommation de viande. Pas parce que ça nous fait plaisir, mais parce que c’est nécessaire pour l’humanité.

Propos retranscrits par Thierry Allard

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Thierry Allard

32 ans, féru de politique, de sport et de musique. Jadis entendu en radio, je couvre depuis juin 2014 le Gard rhodanien pour Objectif Gard.

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