Publié il y a 1 h - Mise à jour le 23.01.2026 - Rose Macauley - 3 min  - vu 109 fois

AU PALAIS Il l’accuse de prostitution puis tente de l'étrangler

Image d'illustration de la salle d'audience du tribunal correctionnel de Nîmes.  

- Tony Duret

Coup de couteau et tentative d’étranglement, le prévenu ne reconnaît aucun des sévices imposés à sa femme. Il comparaissait ce jeudi 22 janvier 2026.

« Je l’ai pris dans les bras pour la calmer, je sais pas comment elle s’est fait ça », lance le prévenu, tout tremblant, dans le box du tribunal correctionnel de Nîmes. Il comparaît ce jeudi 22 janvier pour violences et harcèlement sur sa femme. L’homme d’une quarantaine d’années, ayant quitté le domicile conjugal depuis plusieurs jours, n’a cessé d’envoyer des messages à sa femme, l’accusant de se prostituer dans le domicile conjugal et de tourner des films pornographiques derrière son dos. Des allégations contredites par sa femme, soulevant les différences physiques qu’elle présentait avec les femmes en vidéo. Le lendemain matin de ces échanges houleux, qui se sont poursuivis une partie de la nuit, le prévenu est revenu au domicile conjugal. Vers 10h, il serait rentré en furie dans leur appartement nîmois.

« J’ai eu tellement peur », larmoie la victime, tout en décrivant comment le prévenu est entré dans le domicile alors que leurs deux enfants dormaient avant de se rendre précipitamment dans la cuisine. « Je pensais qu’il allait se faire un café », dit la quadragénaire. Sa surprise et sa peur ont été grandes, en voyant son mari sortir de la cuisine avec un couteau. L’homme lui aurait alors asséné un premier coup au niveau du bras, puis un second au visage. Jusqu’à aujourd’hui, elle n’atteste pas que ces coups aient été rendus intentionnellement. Les choses ont ensuite dégénéré. « Ce jour-là, j’ai eu peur pour ma vie », ajoute la victime. L’homme de quarante ans aurait attrapé un drap séchant sur une porte, et l’aurait enroulé autour du cou de sa femme, qu’il aurait poussée sur le canapé. Ces sévices lui ont valu trois jours d’interruption totale du travail.

Des lésions d’étrangement

L’épisode de violence a donné lieu à une plainte de la victime. D’autant que d’autres altercations ont eu lieu en 2013 et 2014, démontrant la violence du prévenu. Selon le rapport dressé par le médecin légiste, les blessures occasionnées correspondent à « des lésions compatibles avec une tentative de strangulation ». Interrogé sur les faits, il explique qu’il est venu pour « récupérer des affaires » et quitter sa femme. « Elle était énervée, elle ne voulait pas que je la quitte », explique-t-il. Il ajoute également que c’est elle qui aurait été menaçante, lui occasionnant des blessures avec une paire de ciseaux. Pourtant, le rapport du médecin légiste dit tout autre chose sur les blessures du prévenu, les décrivant comme pouvant être « auto-infligées ».

Depuis lors incarcéré, le prévenu a tenté de rentrer en contact avec elle par tous les moyens, pour lui demander de retirer sa plainte. Soumis à des épisodes psychotiques, il évoque aussi que sa compagne le suit et le traque à l’aide d’un logiciel espion qu’elle aurait installé sur son téléphone. Examiné par plusieurs psychiatres, l’altération du discernement a été retenue pour cet homme, qui s’est présenté à la gendarmerie sur convocation, sans opposer de résistance, comme le précise maître Abdelghani Merah, intervenant pour sa défense. Le ministère public, représenté par Jean-Luc Vasserot, décrit le prévenu comme « un individu qui n’est pas dans son état normal au moment des faits, comme trop souvent », accusant alors sa consommation excessive d’alcool et de cocaïne. Le procureur de la République a ensuite requis 4 ans d’emprisonnement, dont une année assortie d’un sursis probatoire renforcé.

Après délibération, le tribunal présidé par Jérôme Reynes, a condamné à le prévenu, déjà incarcéré depuis près de 18 mois, à une peine de 3 ans d’emprisonnement avec maintien en détention. Tenant compte de l’altération de son discernement, le tribunal l’a également condamné à un suivi sociojudiciaire d’une durée de 5 ans avec une injonction de soins et une interdiction de rentrer en contact et de paraître au domicile de la victime. Il va également devoir indemniser son ex-compagne à hauteur de 7 000 € pour son préjudice moral et 800 € pour ses frais de justice. L’autorité parentale sur ses deux enfants lui a intégralement été retirée par le tribunal.

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