Installé dans le box des prévenus, le sourire aux lèvres, Nasser ne peut s’empêcher de rire lors de son procès devant le tribunal correctionnel de Nîmes. Pourtant, l’affaire qui l’amène ne présente aucun caractère humoristique. Le 15 décembre 2025, vers 7h20 du matin, il aurait été à l’origine d’une altercation avec deux jeunes, dont une enfant de treize ans. Les deux sœurs se trouvent alors au niveau de l’avenue Feuchères, devant le collège public. La plus grande, âgée de 19 ans, accompagne régulièrement sa cadette avant de se rendre à la faculté de Nîmes, où elle est étudiante. Un homme les aurait alors interpellées, leur demandant leur prénom avec insistance.
Constatant le refus de la fillette et de sa sœur, l’homme se serait énervé et aurait menacé la plus jeune de son poing. C’est le cri de la jeune adulte qui a stoppé l’homme dans son geste plus que menaçant. Allant encore plus loin, il aurait ensuite craché sur la veste de l'aînée, avant de la menacer. « De toute façon, on va se revoir », aurait-il dit. Un épisode particulièrement intimidant occasionnant un jour d’interruption totale de travail pour les deux jeunes filles. Interpellé quelques centaines de mètres plus loin, il s’avère que le prévenu est connu des services de police. Faisant l’objet d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF), l’homme originaire de Djibouti était astreint à un pointage deux fois par semaine au commissariat de Nîmes. Lieu où il se rendait lors de l’altercation devant le collège.
Une condamnation sans expertise
« Je pensais qu’elles m’avaient insulté », explique l’homme interrogé sur les faits dont il serait l'auteur. Aussi étrange que cela puisse paraître, ce n’est pas la première fois que le prévenu se rend responsable de faits aux abords d’un lieu de scolarité. Son casier judiciaire fait état de dix mentions, dont une intrusion dans un établissement scolaire et des faits de violences en état d’ivresse. N’étant pas alcoolisé au moment des faits, le prévenu présente pourtant des comportements à minima étranges. « Il m’a fallu dix secondes pour me rendre compte qu’il y avait un souci », lance maître Anouck Gasnot, déplorant l’absence d’expertise psychologique pour son client. Pourtant diligentée par le tribunal, l’expertise n’a pas eu lieu. Face aux difficultés évidentes de son client, maître Gasnot a demandé « une peine alternative à l’emprisonnement ».
« Je demande une peine sévère », lance, au contraire, l’avocat des parties civiles, représentant les deux victimes dans ce dossier. Il profite de sa plaidoirie pour ajouter que ces deux filles font aujourd’hui l’objet d’un suivi psychologique. « Le danger qu’il représente ne peut pas être écarté », souligne Jean-Luc Vasserot, procureur de la République. Tenant compte des nombreuses condamnations présentes au casier judiciaire du prévenu, le ministère public s’est joint à l’avocat des parties civiles quant à la nécessaire sévérité de la peine prononcée. À l’issue des délibérations, le tribunal présidé par Édouard Le Jan l'a déclaré coupable des faits reprochés. Il a été condamné à 10 mois d'emprisonnement avec maintien en détention. Nouvelle qu'il a prise à la rigolade. Une fois son éclat de rire passé, il devra indemniser les deux victimes à hauteur de 800 € chacune et couvrir leurs frais de justice pour un total de 1 600 €.