Cette semaine, la mairie d'Alès était fière d'inaugurer un magasin Cultura à Alès, qui vient six ans après l'ouverture de la Fnac et complète l'offre culturelle sur la rocade alésienne. Une annonce qui vient contraster avec les difficultés financières de Sauramps et celle des commerces du centre-ville.
La librairie Sauramps relève déjà quelques difficultés à Montpellier avec la fermeture prochaine de sa boutique au centre commercial du Polygone. Quant à celle d'Alès située sur la place Saint-Jean, on peut remarquer que les rayons se vident petit à petit, avec notamment une grosse partie de l'étage, auparavant plein, qui se retrouve vide et fermé au public. «Je préfère rester positive en disant qu’on va continuer à faire notre travail et à bien le faire », disait Valérie Desbrosses, responsable de la librairie Sauramps, à nos confrères en janvier dernier, au moment de l’annonce de l’ouverture de ce nouveau commerce à Alès. Pourtant, les "Non, on ne l'a pas" se multiplient de plus en plus selon plusieurs clients demandeur de livres sur place.
Contactée par nos soins, la gérante n'a pas souhaité s'exprimer sur la situation économique du groupe, ni sur l'arrivée de Cultura à Alès cette semaine.
Un marché différent
De son côté, Sylvain Cérène, co-fondateur d'Alès BD et d'Alès Librairie, assure que Cultura et ses commerces ne font pas le même travail. "Cultura c’est plus du stop and go, les parents vont aller acheter un casque audio à leur enfant et ils vont y trouver le prix Goncourt ou la nouvelle BD. C'est là où ça va nous faire perdre un peu d’argent."
Mais pour lui, la clientèle est bien différente entre le centre-ville et la rocade : "On a plein de clients qui ne sont jamais allés à la Fnac et d'autres qui vont à la Fnac et qui n'ont jamais mis un pied ici".
Malgré tout, Alès BD reste sûr de ses capacités, en misant sur leur savoir-faire et l'action sur le terrain : "Notre atout, c’est la compétence des libraires, le conseil, être proche des collectivités locales et territoriales, être proche également de la jeune génération et des professeurs. On a plein de petites maisons d’édition un peu particulières, un peu underground qui peuvent plaire à tout le monde."
Un centre-ville menacé ?
Christophe Rivenq, maire d’Alès, assure de son côté que "si Sauramps est en grande difficulté, c’est d'abord lié au fait qu’on ne consomme plus de livres". Un problème qui irait donc au-delà du centre-ville d’Alès. Il ajoute, lors de son discours d’inauguration du nouveau Cultura jeudi 23 avril dernier qu'une ville ne peut pas prospérer sans un cœur de ville et des commerces en périphérie dynamiques.
Sylvain Cérène, lui, veut une campagne de réengagement politique sur le centre-ville. "Si tu fais la promotion de la rocade à 600 %, finalement au centre-ville, il n'y aura plus jamais rien." Il veut promouvoir une "politique du livre dans le centre."
L'importance de la nouvelle génération
La chute des ventes globales de livres en France relève d’un problème générationnel pour le gérant d’Alès BD. Des libraires se déplacent maintenant dans les lycées et collèges alésiens pour sensibiliser la jeune génération car "ce sont eux qu’il faut convaincre". C’est en organisant des activités comme celles-ci que les librairies du centre-ville arrivent à se démarquer de la Fnac ou même de Cultura qui "lui, est là juste pour poser des livres et les vendre."
De son côté, Cultura se développe en ouvrant une nouvelle enseigne en France. Pour la nouvelle directrice, la culture "doit être accessible à tous, décomplexée et découverte à son propre rythme, sans code ni barrière." Elle s'estime "très heureuse de pouvoir écrire une nouvelle page de l’histoire d’Alès avec les Alésiens eux-mêmes."
Christophe Rivenq a quant à lui, salué cette initiative prise à Alès car elle va "créer une activité économique qui génère de l’emploi et valoriser la culture." Une quinzaine de personnes sont employées au Cultura d’Alès.