Publié il y a 1 h - Mise à jour le 13.07.2026 - Stéphanie Marin - 5 min  - vu 61 fois

ARLES « Je suis très heureux » : la direction dresse le bilan de la semaine d’ouverture des Rencontres de la photographie

Christoph Wiesner et Aurélie de Lanlay, directeur et directrice adjointe des Rencontres d'Arles. 

- S.Ma

22 000 visiteurs du 6 au 12 juillet. Christoph Wiesner et Aurélie de Lanlay, directeur et directrice adjointe des Rencontres de la Photographie ont présenté le bilan chiffré de la semaine d’ouverture du festival créé en 1970 par le photographe arlésien Lucien Clergue, l'écrivain Michel Tournier et l'historien Jean-Maurice Rouquette.

Du 6 au 12 juillet, le festival a accueilli 22 000 visiteurs, un chiffre stable qui confirme, selon la direction, "la place incontournable" des Rencontres - 59 millions d'euros de retombées économiques, 175 000 visiteurs uniques et près de deux millions de visites d'expositions, sur l'ensemble de la manifestation en 2025 - dans le monde de l'image. Un sourire aux lèvres, Christoph Wiesner a débuté la présentation du bilan de cette semaine d'ouverture par une formule soufflée par Aurélie de Lanlay : "je suis très heureux."

Malgré les fortes chaleurs - on y reviendra - des 8 et 9 juillet, qui ont entraîné une baisse de 5 % de la fréquentation du grand public sur ces deux journées par rapport à 2025, le rendez-vous arlésien a maintenu son attractivité. Les professionnels étaient même un peu plus nombreux (+1 %) et plus de 5 500 spectateurs ont assisté aux soirées du Théâtre antique, en hausse de 8%. Soirées qui nécessitent six mois de préparation. "C'est un vrai travail scénographique et de réalisation", indique le directeur, saluant les équipes qui les imaginent et les orchestrent. Autre chiffre, 590 journalistes français et internationaux ont participé et donc relayé l'événement. 

Un succès qui récompense un travail de longue haleine. "Il y a plus de 110 événements publics pendant la semaine d'ouverture et cela grâce à toute l'équipe des Rencontres. C'est ce qui fait aussi la richesse du festival", souligne Aurélie de Lanlay, directrice adjointe des Rencontres. 

Une programmation pensée pour tous les publics

Avec 47 expositions, 400 artistes, près de 4 000 œuvres et plus de 12 000 m² d'exposition (hors Arles Associés et Grand Arles Express), les Rencontres placées cette année sous le thème "des mondes à relire", ont une nouvelle fois revendiqué une programmation ouverte au plus grand nombre sans renoncer à l'exigence. La volonté est aussi de démontrer que la photographie et les arts visuels ne sont pas un entre-soi. "Le festival doit pouvoir s'adresser à tout le monde", insiste Christoph Wiesner. Si certaines propositions sont plus historiques ou pointues, d'autres sont volontairement plus accessibles, à l'image des expositions Modèle Animal ou encore Flower Power, dont une série de six clichés est installée dans les jardins de l'hôpital d'Arles. 

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"On peut parler des choses politiques et difficiles avec une certaine beauté", défend-il. Pour le directeur, l'esthétique et les différents niveaux de lecture des expositions permettent de toucher un large public. Un équilibre essentiel, d'autant que le public contribue à plus de 50% du financement du festival.

"Ce qui est fort, c'est qu'on arrive à partager tout le travail réalisé pendant l'année, poursuit Christoph Wiesner. Ce qui est important, c'est la question du partage. C'est-à-dire que ce qu'on construit est compris, vu et apprécié." Et Aurélie de Lanlay d'ajouter : "Ça confirme à quel point la photographie, dans la manière dont on la présente, dont on la pense, dont on l'approche reste essentielle dans la façon dont on appréhende, dont on lit le monde." Comme un outil "de mémoire, de transmission" mais aussi de "transformation".

Adapter le festival à la canicule

Les températures élevées ont conduit les organisateurs à ajuster leur fonctionnement, sans pour autant improviser. "Ce n'est pas un sujet nouveau", rappelle Aurélie de Lanlay. Les Rencontres travaillent depuis plusieurs années sur des réflexions d'adaptation des lieux d'exposition, notamment avec l'École urbaine de Lyon et dans le cadre d'une étude menée avec les festivals d'Avignon et d'Aix-en-Provence.

Cette année, les horaires de certains lieux ont été adaptés. L'exposition Ground Control a, par exemple, été fermée pendant deux jours la semaine dernière à partir de 14h. Des serviettes rafraîchissantes ont également été distribuées aux équipes. "La chaleur se pose autant pour le public, que pour les oeuvres et les équipes. Nous sommes contraints par les lieux tels qu'ils existent", reconnaît la directrice adjointe, qui évoque aussi des réflexions sur la ventilation, les audits thermiques ou encore des aménagements destinés à limiter la montée en température des bâtiments.

Un engagement social revendiqué

Les Rencontres mettent aussi en avant leur politique d'emploi. L'association s'appuie notamment sur des contrats aidés, dont le maintien de dizaines de postes a été rendu possible "grâce à l'accompagnement du préfet de Région", présent lors de la cérémonie de lancement de cette semaine d'ouverture. "C'est un signal fort de reconnaissance de notre ancrage sur le territoire", estime Aurélie de Lanlay. Si l'activité opérationnelle nécessite environ trois mois de travail, les contrats proposés durent six mois. "C'est six mois de salaire, de protection sociale, de formation rémunérée et de stabilité", énumère-t-elle. Et "ça remet dans une nouvelle dynamique, complète Christoph Wiesner. Un certain nombre de personnes qui ont travaillé ici pendant des années, ont aujourd'hui un CDI."

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Une démarche qui s'inscrit dans un travail de fond mené depuis 25 ans pour rendre, là-encore, la photographie accessible à un public qui pourrait en être éloigné. Gratuité pour les Arlésiens, les moins de 18 ans, les personnes en situation de handicap ou bénéficiaires des minima sociaux, actions de médiation et formations participent à cet objectif. Aujourd'hui, "près de 20 % des habitants de la commune fréquentent le festival, soit environ 10 000 visiteurs locaux", précise le directeur.

"Une envie de se déployer"

La manifestation joue les prolongations cette année avec la première édition du "Septembre des Rencontres", du 16 au 20 septembre. "Ce n'est pas une adaptation", "c’est la réalité de l’évolution du festival, une envie de se déployer en fonction de ce qui est possible par rapport à la ville, au public, explique Aurélie de Lanlay. C’est un nouveau temps de rencontre autour de la photographie, des photographes, du patrimoine." Autour des journées professionnelles déjà existantes, cet événement proposera des tables rondes, des rencontres avec les artistes, des visites de la Maison des arènes, la pétanque des Rencontres, des projections et soirées partagées avec Les Suds à Arles.

D'ores et déjà, la 58e édition des Rencontres d'Arles, qui célèbrera le bicentenaire de la photographie est fixée du 5 juillet au 3 octobre 2027. Quant à connaître la programmation, il faudra encore patienter. 

Des prix qui récompensent la création

La semaine d'ouverture a également été marquée par la remise des différents prix du festival. Mallory Lowe Mpoka a reçu le Prix de la Photo Madame Figaro ainsi que le Prix du public du Prix Découverte - Fondation Louis Roederer. Le Prix Découverte du jury est revenu à Magali Paulin. Otto Hainzl a remporté le Luma Rencontres Dummy Book Award, tandis que les Prix du Livre ont distingué Keisha Scarville (Prix du Livre Auteur), Juliette Pavy (Prix du Livre Historique) et Robby Reis, Lee-Anne Millaire Lafleur et Ralph Alerte (Prix Photo-Texte).

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Stéphanie Marin

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