Publié il y a 1 h - Mise à jour le 25.03.2026 - Rose Macauley - 3 min  - vu 916 fois

AU PALAIS Mort de Sihem : La réclusion criminelle à perpétuité requise

Maître Dylan Bourkab (à gauche) et Mourad Battikh (à droite), tous deux avocats inscrits au barreau de Paris, ont plaidé, ce mercredi matin, dans l'intérêt des parties civiles. 

- R.M.

La peine maximale a été requise contre Mahfoud Hansali, responsable du meurtre de la lycéenne de La Grand’Combe. À l’issue de trois journées de procès, la famille n’en sort pas plus éclairée sur les raisons ayant conduit à sa mort.

« La peine maximale a été conçue pour ce genre de personnes », lance Stéphane Bertrand, avocat général à l’occasion du procès du meurtre de Sihem, qui se déroule depuis lundi 23 mars dernier, devant la Cour d’assises du Gard. Face aux trois magistrats et aux huit jurés, témoins et conseils ont tenté d’éclaircir le brouillard qui persiste autour du mobile de ce crime, qui a coûté la vie à la lycéenne de tout juste 18 ans. Pourtant, « le mobile en droit pénal est indifférent », martèle maître Mourad Battikh lors de son émouvante plaidoirie. S’appuyant sur les photos de la victime, projetées dans la salle d’audience, le conseil représentant les parties civiles a souligné l’ignominie de la défense, qu’il décrit comme utilisant des arguments « profanant la mémoire de celle qui n’a plus de voix ».

C’est par le prisme de la grand-mère de la victime, que maître Dylan Bourkab, avocat des parties civiles, a rendu hommage à Sihem et au vide qu’elle a laissé derrière elle. Interpellant les jurés, il a lancé : « Votre décision ne ramènera pas Sihem, (…) mais vous détenez le pouvoir d’affirmer que cette vie comptait ».

Taureau ou « toréador » ?

« Monsieur Hansali, ce n’est pas le taureau, mais le "toréador" qui va maîtriser de bout en bout cette audience », conte maître Bettikh pour parler de la personnalité de l’accusé qu’il décrit comme un prédateur, prêt à tout pour attirer la jeune Sihem sans ses filets. « Elle l’aime bien, mais pour Mahfoud, c’est quatre lettres de trop », s’appesantit le conseil des parties civiles. C’est alors que l’accusé aurait fait miroiter à la jeune majeure la somme de 10 000 € contre une photo qu’un commanditaire lui aurait demandé de prendre, simulant alors un kidnapping. Mais il n’en est rien. Naïve, Sihem aurait cru à cette histoire farfelue, espérant pouvoir offrir de beaux cadeaux à sa meilleure amie, qui allait bientôt fêter son anniversaire. Une fois à l’intérieur de son appartement de La Levade, à la Grand’Combe, l’accusé lui aurait fait des avances, toujours selon la théorie des parties civiles.

« Il tente une caresse et elle s’offusque. Elle refuse, alors il cogne », dit Maître Bettikh, au-dessus les pleurs étouffés de la famille de Sihem. Cette version est pourtant plus que contredite par la défense, qui qualifie cette théorie de « complètement inventée ». S’appuyant sur la version selon laquelle Sihem aurait été amoureuse de Mahfoud, maître Jean-Marc Darrigade a mis l’accent sur les secrets de la lycéenne pour sous-entendre qu’elle puisse ne pas avoir parlé de sa relation avec Mahfoud. « Elle était comme nous, elle avait ses qualités, ses défauts et ses secrets ».

« On ne sortira d’ici avec la justice,
mais pas la vérité »

Dressant la liste des certitudes dans ce dossier aux contours flous, l’avocat général a décrit le geste impardonnable commis par l’accusé. « Il l’a tué volontairement en l’étranglant, jusqu’à ressentir physiquement qu’elle était morte », soutient Stéphane Bertrand. « Il fait preuve d’un sang-froid particulier », ajoute-t-il, décrivant ses choix comme calculés et réfléchis. Dissimulation du corps, mise hors tension de son téléphone portable et de celui de Sihem, nettoyage du véhicule utilisé et de son appartement, Mahfoud n’a rien laissé au hasard. « S’il avoue avoir tué Sihem, c’est qu’il ne peut pas faire autrement », explique le parquet.

« Vous ne connaîtrez jamais le mobile du crime. On sortira d’ici avec la justice, mais pas avec la vérité », lance Stéphane Bertrand, à l’attention de la famille de la victime, en nombre sur le banc des témoins, comme dans la salle d’audience. De nouveau le regard vers les jurés, l’avocat général a demandé la réclusion criminelle à perpétuité à l’encontre de Mahfoud Hansali, avec « une peine de sûreté maximale », soit 22 ans. L’objectif ? « Faire en sorte que chaque jour de leur vie, le père, la mère et les frères de Sihem puissent se réveiller, dans la douleur, mais avec la satisfaction de se dire que Mahfoud est toujours en prison ».

Prenant la parole en dernier, le quarantenaire n’a fait qu’exprimer ses regrets qu’il a décrits comme « sincères », sans un regard pour la famille. Son sort est désormais entre les mains de la Cour, qui s’est retirée pour délibérer. Le verdict est attendu en fin de journée.

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