Attouchements, agressions sexuelles, et même viols… C’est ce qu’aurait subi la victime dans l’affaire portée devant la Cour d’assises du Gard à partir de ce jeudi 9 avril, entre juin 2007 et juin 2010, dans la commune de Calvisson. Mineure au moment des faits, la plaignante relate des épisodes de caresses sur la poitrine et le sexe et de pénétrations que son beau-frère lui aurait fait subir. Un beau-frère chez qui elle habite, et sous l’autorité de qui elle se trouve à cette époque. Placée en famille d’accueil à cause d’un père malade et d’une mère alcoolique, la fillette a vécu des horreurs au cours de son enfance. Victime d’attouchements de la part de son père d’accueil, condamné pour ces faits, elle a finalement été recueillie par sa sœur, épouse de François G., l’accusé. Un choix qui n’a pas signé la fin de son cauchemar.
Entre ses 14 et ses 17 ans, la vie de cette adolescente a été troublée par de multiples agressions, prétendument du fait de son beau-frère. Des comportements incestueux qui auraient conduit à la fugue de la victime, avec son petit ami de l’époque. « Je ne reconnais pas les faits, c’est moi la victime. Tout ça, c’est une histoire de voiture », explique l’accusé lors de ses deux entretiens avec une psychologue. Face aux enquêteurs, il explique que la plainte déposée par l’adolescente, qu’il décrit comme ingérable, découle d’une histoire de promesse de prêt de voiture. Une promesse que l’homme et sa compagne n’auraient pas tenu. En larmes, la victime, représentée par maître Hugo Ferri, bondit à chaque allégation de l’accusé, rapportée par les différents experts. Faisant d’abord l’objet d’un non-lieu, ce n’est qu’en 2021 qu’une ordonnance de renvoi de l’affaire devant la cour d’assises du Gard est prise.
Un homme intransigeant
Très à cheval sur l’éducation, l’homme qui a pourtant cessé d’être scolarisé avant l’obtention du brevet des collèges, est critique vis-à-vis de celle de sa belle-famille. Il va jusqu’à se décrire comme le « guide », voire le « sauveur » de sa compagne, la demi-sœur de la victime, tant il estime qu’elle n’a pas reçu une éducation suffisamment rigoureuse. Une rigueur que la psychologue chargée de son expertise a soulevé comme l’un des principaux traits de sa personnalité. Allant dans le sens de sa rigueur, son ancien employeur dans le transport collectif, à Nîmes, l’a décrit comme procédurier auprès de l’enquêtrice de personnalité. Lors des différentes expertises psychologiques et de personnalité, l’accusé dépeint un portrait bien peu élogieux de la victime, sans démontrer la moindre empathie, notamment vis-à-vis de ce qu’elle a pu vivre en étant placée dès son plus jeune âge.
Interrogé sur sa personnalité, l’ancien conducteur de bus explique : « Je ne suis pas procédurier, mais quand c’est nécessaire, je passe par la justice ». Une allégation contradictoire, d’autant qu’il a porté deux affaires en justice du haut de ses 42 ans ; l’une concernant la Caisse primaire d’assurance-maladie, l’autre concertant son ancien employeur. Bien que décrit comme « un très bon mari et un très bon père » par son épouse de l’époque, de qui il est aujourd’hui séparé, il est plutôt perçu comme quelqu’un de colérique et de têtu par son entourage proche.
L’accusé comparaît libre, se tenant tête haute, aux côtés de son avocat, maître Jérôme Arnal. Vêtu d’une chemise noire ouverte sur un tee-shirt gris, il reste impassible lors des différentes prises de parole. Au vu des faits lui étant reprochés, il risque 20 ans de réclusion criminelle. Le procès se poursuit aujourd’hui et demain.