Plus de trois ans après le drame qui a secoué les Cévennes, l’heure est au procès pour le meurtrier présumé de la jeune Sihem. Disparue le 26 janvier 2023, la très jeune majeure, qui venait de souffler ses dix-huit bougies, n’a plus donné signe de vie après avoir quitté le domicile de sa grand-mère, en pleine nuit. Ce n’est que plusieurs jours plus tard que son corps sera retrouvé, quelques kilomètres plus loin, au bout d’un chemin forestier de la commune des Salles-du-Gardon.
Interpellé le 31 janvier, le suspect, Mahfouf H., est passé aux aveux le lendemain de son arrestation, permettant la découverte du corps sans vie de l’adolescente. Selon l’autopsie, Sihem est décédée par asphyxie. Passé le moment du recueillement, c’est la recherche de la vérité qui obsède désormais les amis et la famille de la jeune femme. Une vérité a deux facettes tant la version de l’accusé et celle des proches de la victime s’opposent dans ce dossier.
Deux versions différentes
Interrogé sur le mobile du meurtre de la lycéenne, Mahfouf H. livre une version édulcorée de la soirée qui a conduit à la mort de Sihem. La jeune femme l’aurait rejoint dans sa voiture dans le but de se rendre à l’appartement de l’accusé, à La Grand'Combe, pour y avoir une relation sexuelle. C’est alors que la victime aurait menacé Mahfouf H. de révéler leur idylle secrète à sa famille. L’homme de 39 ans au moment des faits aurait alors vu rouge et l’aurait étranglée, avant d’emporter son corps pour le dissimuler dans les fourrés. Le tout en laissant l'un des faux ongles de sa victime dans son logement. Une justification que la famille de Sihem ne croit en rien, au vu des 20 années séparant les deux membres de ce prétendu couple.
D’autant que la version portée par l’entourage de la lycéenne est bien différente. Selon les déclarations de ses amies, Mahfouf H. aurait proposé à la victime de se faire passer pour une trafiquante ayant dérobé des stupéfiants, contre la modique somme de 10 000 €. Sihem aurait d’ailleurs parlé des cadeaux qu’elle ferait à ses amis une fois sa mission effectuée. Sacs de marque et iPhone, elle comptait les gâter. Malheureusement, ses amies ne l’ont plus jamais revu.
Un suspect multi-condamné
En détention provisoire, l’accusé comparait à partir de ce lundi 23 mars pour le meurtre de la jeune Sihem. Ce n’est pourtant pas la première fois qu’il va être confronté à une cour d'assises. Seulement quelques jours après avoir avoué être à l’origine de la disparition de la lycéenne, il comparaissait pour des faits de vol avec arme. Des faits pour lesquels il avait déjà purgé une peine de 12 ans, dans un précédent dossier.
Maîtres Jean-Marc Darrigade et Florent de Saint-Julien assurent la défense de Mahfouf H., aujourd’hui âgé de 42 ans, lors de ce procès qui pourrait être décisif dans la recherche de la vérité. La parole du ministère public sera portée par Stéphane Bertrand et l'audience sera présidée par Christian Pasta. Huit membres de l’entourage de Sihem se sont constitués parties civiles, dans ce dossier, pour porter sa voix. Accusé de meurtre en récidive, pour avoir été condamné pour des faits similaires le 29 avril 2025, l’homme risque la réclusion criminelle à perpétuité.