« Si tu me quittes, je te tue », aurait dit Yohan, le prévenu, à sa femme à l’occasion d’une de leurs multiples disputes. C’est également le climat dans lequel cette femme, victime de violences de son compagnon, tente en vain de parvenir à une séparation. C’est le 16 novembre 2025 que tout éclate. En conflit pour des questions de jalousie, les deux membres de ce couple se disputent plus fort que d’habitude. L’homme donne des coups, la femme subit. Remarquant que ces manifestations de violence ont des effets visibles sur la peau de sa compagne, le prévenu la somme d’appeler son supérieur à La Poste, où elle travaille, pour prendre neuf jours de congés et masquer les traces de ces sévices.
En route en direction de l’Espagne pour « régler leur séparation », les violences ne cessent pas, et cela même devant leur fils de 7 ans. Il reconnaît d’ailleurs lui avoir asséné des gifles. Interrogé, le fils du couple corrobore cette version. Le couple et leur enfant se sont ensuite arrêtés dans un hôtel, rue de l'Hôtellerie, à Nîmes. Lieu où le dénouement de l’histoire a pris place. Témoins de scènes de violences, les deux réceptionnistes de l’hôtel ont tenté de calmer le prévenu, avant d’être contraints d’appeler la police, non sans être menacés par ce dernier. Une fois interpellé, l’homme a été très agité pendant sa garde à vue, notamment en se tapant violemment la tête contre la porte de la geôle.
Yohan, défendu par maître Pierre Caviglioli, reconnaît partiellement les faits de violences sur son ex-compagne. Faits pour lesquels il s’est excusé à de nombreuses reprises devant le tribunal. La victime, présente à l’audience, fait preuve d’une grande indulgence vis-à-vis de son ex-compagnon violent, allant jusqu’à le dédouaner. Un comportement qui ne convainc pas le ministère public, dont les réquisitions montent à deux ans d’emprisonnement, dont une année assortie d’un sursis probatoire et l’autre sous la forme d’une détention à domicile.
Le prévenu a été reconnu coupable de violences et de menaces de mort sur sa compagne. Le tribunal, présidé par Jérôme Reynes, a suivi les réquisitions du ministère public, tout en prononçant un maintien en détention pour la partie ferme de cette peine mixte et notamment une obligation de soins et une interdiction de contact avec la victime pendant deux ans.