Publié il y a 1 h - Mise à jour le 23.02.2026 - Rose Macauley - 3 min  - vu 239 fois

AU PALAIS Refus d’obtempérer à Nîmes : 133 kg de cannabis et un arsenal découvert

refus d'obtempérer panneau Nîmes rue

Le prévenu s'est affranchi de toutes les règles du Code de la route pour tenter d'échapper à la police. 

- R.M.

Un refus d’obtempérer s’est transformé en grosse saisie de stupéfiants. Son auteur comparaissait mercredi 18 février devant le tribunal correctionnel de Nîmes.

Le 30 octobre dernier, un équipage de la brigade anticriminalité nîmoise remarque une Ford Fiesta roulant à vive allure, dans l’agglomération nîmoise. Selon leur rapport, une forte odeur de cannabis se dégage du véhicule. Avertisseurs sonores et lumineux allumés, les policiers se sont rendus au-devant du véhicule dangereusement conduit. La voiture s’est d’abord arrêtée, l’un des policiers est descendu de son véhicule. C’est alors que le chauffard a redémarré en trombes, coupant ses feux de circulation et prenant tous les risques pour échapper à sa responsabilité. Il manque alors de percuter des piétons, puis oblige une voiture à monter sur un trottoir pour l’éviter. Pour rajouter à ses fautes, le trentenaire a ensuite brutalement freiné. Selon les enquêteurs, il s’agirait d’une manœuvre visant à occasionner des dégâts au véhicule de police le prenant en chasse.

« J’essayais de prendre la fuite », se justifie le prévenu. Pourtant, l’homme n’a pas fait que fuir en voiture. Une fois son véhicule cerné par les forces de l’ordre, il a tenté de s’échapper en courant, allant se cacher derrière des poubelles. Encerclé par des agents de la BAC, il leur a « balancé une poubelle dessus », raconte Jérôme Reynes, président à l’audience de comparution immédiate du tribunal correctionnel de Nîmes. Un geste qui a occasionné un léger arrachement osseux au niveau de la main d’un des policiers. Plusieurs kilogrammes d’herbe et de résine de cannabis ont été retrouvés dans le véhicule du prévenu. Flairant le bon filon, les services de police ont mené une perquisition à son domicile.

Des dizaines de kilos de cannabis

Rien que dans son logement, 17 kg d’herbe de cannabis et 54 kg de résine ont été retrouvés. D’autant que des stupéfiants ont également été saisis dans sa cave, où 14 kg d’herbe et 48 kg de résine sont entreposés. « C’est des affaires que je gardais, souligne le prévenu. J’ai jamais vendu de stupéfiants, moi, je ne suis simplement nourrice », explique Abdelkader. Un travail qu’il aurait accepté contre un paiement de 2 000 €, pour faire face à ses difficultés financières. « J’étais SDF avant », dit-il. Pourtant, gilet pare-balles, arme de poing chargée et munitions ont également été trouvés dans son appartement. « Si vous n’êtes que nourrice, comment ça se fait que vous ayez tout ça ? », l’interroge le président.

« Ce monsieur est l’un des protagonistes du réseau, souligne Jean-Luc Vasserot, procureur de la République. J’ai rarement vu une nourrice avec un tel arsenal », ajoute-t-il. Face à cet homme qu’il considère comme ayant un rôle actif dans le trafic de stupéfiants, le représentant du ministère public a requis 10 ans d’emprisonnement à l’encontre du prévenu. « Il a été balancé, c’est sûr », lance maître Baptiste Scherrer, intervenant pour la défense d’Abdelkader. À l’occasion de sa plaidoirie, il a mis l’accent sur les raisons de la prise en chasse de son client. « Les services d’enquête manquent de rigueur », conclut-il. Ayant dix mentions sur son casier judiciaire, le prévenu a déjà été condamné à des peines d’emprisonnement, dont sept années purgées pour vol aggravé en récidive.

Le tribunal a déclaré Abdelkader coupable des faits qui lui étaient reprochés. Les violences qui lui ont été imputées sont requalifiées en rébellion contre personne dépositaire de l’autorité publique. Il a donc été condamné à 10 ans d’emprisonnement et aux peines complémentaires d’interdiction de détenir ou porter une arme pendant 5 ans et à l’annulation de son permis de conduire, sans possibilité de le repasser pendant 6 mois. Les scellés ont également été confisqués. Il devra verser 1 500 € au policier blessé pour réparer son préjudice moral et 800 € pour ses frais de justice.

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